Désir au gouvernement, une "exfiltration calamiteuse" ?

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Désir au gouvernement, une "exfiltration calamiteuse" ?
Harlem Désir, le désormais ex-premier secrétaire, a été nommé secrétaire d'Etat aux Affaires européennes@ Maxppp
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RÉACTIONS - Le désormais ex-patron du PS a été nommé secrétaire d’État aux Affaires européennes. Les critiques fusent à droite mais aussi à gauche.

La déroute des socialistes aux municipale aura chamboulé toute la majorité. Changement de Premier ministre, de ministres,  de secrétaires d'Etat… François Hollande a abattu ses nouvelles cartes. Et il en a même fait changer le visage du PS : Harlem Désir, le désormais ex-premier secrétaire, a été nommé secrétaire d'Etat aux Affaires européennes. Et ce choix est, de loin, le plus critiqué. Florilège de réactions.

LA DROITE POINTE L’ABSENTÉISME ET LES AFFAIRES

Guillaume Peltier, vice-président de l'UMP, a résumé dès mercredi soir la ligne d'attaque de son camp contre le nouveau secrétaire d'Etat : haro sur les affaires et l'absentéisme. "Je crois beaucoup à la méritocratie à la Française. Harlem Désir, c'est tout le contraire, lui qui fut condamné dans les années 1990, lui qui ne siège que si partiellement au Parlement européen (...), lui qui a si lamentablement échoué à la tête du Parti socialiste, le voilà promu au sein du gouvernement", a-t-il raillé.

En 1998, le secrétaire d'Etat a en effet été condamné à 18 mois de prison avec sursis pour recel et abus de biens sociaux. Et s'il est député européen depuis 1999 et membre de plusieurs commissions, il n'est effectivement pas le plus assidu au Parlement de Strasbourg. Selon L'Expansion, il affiche moins de 50% de taux de présence lors des votes en plénière, soit le même taux que Philippe de Villiers, malade.

"C'est un bras d'honneur que la France fait à l'Europe. Car au-delà de son piteux bilan à la tête du PS, Harlem Désir, est aussi réputé pour ses absences répétées au Parlement européen", a ainsi renchéri mercredi Damien Abad, député UMP et ancien député européen. "C'est un bien mauvais message envoyé par la France à nos partenaires de l'Union et le signe de notre perte d'influence au sein des instances européennes, martèle encore Yves Jégo, de l'UDI.

LE FN DÉNONCE UN JEU DE "CHAISE MUSICALE"

Pour les lieutenants de Marine Le Pen, c'est surtout le jeu politicien entre socialistes qui est en cause. "C'est un jeu de chaises musicales, c'est vrai que Harlem Désir est un peu le boulet pour le Parti socialiste, on lui a trouvé un lot de consolation", raille ainsi Louis Aliot, vice-président du FN. "Ca reste un changement et des équilibres au sein d'un parti politique et d'une majorité, qui est à mon avis très entamé dans l'opinion", poursuit-il.

SOUTIEN PLUS QUE MODÉRÉ A GAUCHE

Si Harlem Désir reçoit une flopée de piques depuis sa nomination, son camp ne se presse pas non plus pour lever les boucliers contre les attaques de la droite. Au contraire, à la gauche de la gauche, les piques repartent de plus belle. Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF, se moque ainsi de "l'exfiltration calamiteuse d'Harlem Désir du poste de premier secrétaire". "Le président de la République se mue en DRH du PS et s'abaisse à un jeu de chaises musicales bien peu reluisant. Il tourne une nouvelle fois le dos aux électeurs de gauche", poursuit le communiste.

Du côté des écologistes, on préfère "ne pas faire de commentaires". Enfin, presque. "La petite politique se cache parfois derrière la grande, on voit bien l'opération qui est faite, un jeu de chaises musicales non seulement au sein du gouvernement mais là avec le Parti socialiste", commente tout de même François de Rugy, coprésident du groupe EELV à l'Assemblée.

Certains, au sein du PS, sont tout de même montés au créneau pour défendre leur ex-premier secrétaire… sans pouvoir s'empêcher d'en glisser une petite. "Il a été un excellent député européen, l'un des premiers à explorer les problèmes de mondialisation. Il connaît bien les institutions européennes. Je suis persuadé qu'il peut vraiment être utile dans ce gouvernement", vante ainsi Christian Paul, député PS, proche de Martine Aubry, qui confie, toutefois : "je n'ai pas trouvé qu'Harlem Désir avait permis au Parti socialiste de jouer tout son rôle de parti majoritaire".

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