Des soutiens encombrants pour Hollande

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Des soutiens encombrants pour Hollande
François Hollande bénéficie de soutiens dont il ne se réclame pas forcément.@ BFM TELE
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Takieddine, Papandréou… Certains soutiens plus ou moins affichés du candidat dérangent.

Il y a les soutiens qu’on affiche fièrement, et il y a les autres. Ceux provenant d’une personnalité plus ou moins sulfureuse, plus ou moins populaire, qui gênent plus qu’ils n’aident. Ceux-là, François Hollande en connaît un certain nombre. Ziad Takkiedine, ouvertement, Tariq Ramadan, en creux, ou encore Georges Papandréou, tous trois controversés, ont chacun pris des positions en faveur du candidat socialiste. Sans compter les personnalités dites "de l’ouverture", à l’image égratignée, qui sont retournées dans le giron de la gauche.

Takkiedine, l’homme de Karachi. "Franchement, bonne chance à M. Hollande avec des amis pareils". La saillie est signée Nicolas Sarkozy, mercredi sur France Info, et elle concerne Ziad Takkiedine. L’homme d’affaires franco-libanais, trois fois mis en examen dans l’affaire Karachi, a déclaré son soutien au candidat socialiste à la fin du mois de mars, dénonçant une "mafia" à la tête de l’Etat. L’annonce de ce proche de Jean-François Copé avait surpris. Surtout, elle n’avait pas franchement ravi à gauche.

"Les amis encombrants de nos ennemis ne sont pas nos amis", avait réagi le porte-parole de François Hollande, Bernard Cazeneuve, député et maire de Cherbourg, spécialiste de l’affaire Karachi. "Je n'ai reçu aucun soutien", avait lui répondu François Hollande. "Je pense simplement que ce monsieur, que je ne connais pas, a visiblement des informations sur le candidat sortant et ses équipes, donc c'est à lui de le dire et je ne me laisse pas du tout instrumentaliser ou utiliser", avait-il affirmé.

Ramadan, l’inquiétant islamologue. Là encore, Nicolas Sarkozy ne s’est pas privé. Quitte à en rajouter. A plusieurs reprises, ces derniers jours, le président sortant a affirmé que Tariq Ramadan, petit-fils du fondateur des frères musulmans, volontiers taxé d’islamisme, avait appelé à voter François Hollande. L’islamologue suisse d’origine égyptienne n’a en fait lancé qu’un appel à battre Nicolas Sarkozy, sans appeler à voter François Hollande, ainsi qu’il l’a rappelé vendredi. L’homme a d’ailleurs publié sur son blog un billet tout en ironie appelant à voter… Nicolas Sarkozy.

Pour autant, François Hollande ne s’est pas réclamé de ce soutien en creux. "Il n'a jamais cité mon nom, ce Tariq Ramadan, qui ne vote même pas en France, et je n'ai pas à me justifier quand un individu peut dire qu'il n'aime pas le pouvoir sortant", a déclaré le candidat socialiste, dénonçant les "mensonges" et les "amalgames" de son adversaire.

Papandréou, le symbole grec. Le soutien de Georges Papandréou n’a lui rien de contre-nature. "Je souhaite à l'ami et camarade François Hollande une large victoire au second tour. Cette victoire sera, en plus, très significative pour l'ensemble de la famille progressiste à l'Internationale Socialiste", a déclaré le 23 avril sur le site real.gr celui que dirige l’Internationale socialiste depuis 2006. Sauf que l’homme reste celui l’homme qui a plongé, certes contraint et forcé, la Grèce dans la rigueur, et l’Europe dans un début de panique en proposant à l’automne 2011 un référendum en Grèce sur le plan européen de sortie de crise. Dans l’imaginaire collectif, il reste forcément comme le symbole de la crise des dettes publiques en Europe. Et étrangement, aucun socialiste français n’a relayé son message.

Les repentis de l’ouverture. En 2007, ils avaient soulevé la colère de la gauche en ralliant Sarkozy. Cinq ans plus tard, Fadela Amara et Martin Hirsch franchissent à nouveau la ligne, mais dans l’autre sens. L’ex-secrétaire d’Etat à la Ville et l’ex-Haut commissaire aux Solidarités actives ont tous deux annoncé leur intention de vote François Hollande. L’accueil du candidat socialiste a été plutôt glacial. "Moi je ne repousse personne. En revanche, je suis socialiste, je suis de gauche, il n'y aura pas d'ouverture", a-t-il prévenu, avant de conclure : "je n'ai rien demandé, ils viennent. Ils n'auront rien".