Des policiers en colère, l'UMP renchérit

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Des policiers en colère, l'UMP renchérit
@ CAPTURE D'ECRAN BFM TV
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Guéant a reçu des syndicats après la mise en examen pour homicide volontaire d'un policier.

L'affaire prend une tournure politique. Après la manifestation de plusieurs policiers contre la mise en examen pour homicide volontaire d'un de leurs collègues, certains membres de l'UMP ont adressé leur soutien aux forces de l'ordre. Claude Guéant a dit "comprendre l'émotion des policiers". Un secrétaire national de l'UMP s'en est pris à "certains juges".

L'affaire remonte à samedi soir, quand des policiers sont intervenus à Noisy-le-Sec, en Seine-Saint-Denis, pour arrêter un malfaiteur. L'un d'eux a ouvert le feu à quatre reprises, tuant d'une balle dans le dos cet homme âgé de 28 ans. La version de la légitime défense invoquée par le fonctionnaire été mise à mal par l'autopsie et un témoignage, révélés par le parquet. Il a donc été placé sous contrôle judiciaire avec l'interdiction d'exercer.

Soutien financier du ministère de l'Intérieur

Une décision qui a déclenché la colère des policiers. Plusieurs centaines d'entre eux ont manifesté mercredi soir de façon spontanée et spectaculaire à Bobigny puis sur les Champs-Élysées pour finalement se rendre au ministère de l'Intérieur, à quelques mètres de là.

Dans la soirée, le ministre de l'Intérieur Claude Guéant a reçu une délégation syndicale. Ils ont reçu le soutien moral et financier du ministère pour que le policier puisse continuer à toucher son salaire.

Les juges dans la ligne de mire

"Je comprends l'émotion des policiers de Seine-Saint-Denis, qui exercent un métier d'une extrême difficulté. Il appartient à la justice de faire la lumière sur ce qui s'est passé", a déclaré le Claude Guéant dans un communiqué transmis. "Le policier mis en examen bénéficie naturellement de la présomption d'innocence et se verra accorder le soutien juridique de l'administration", a ajouté le ministre. "Nous ne pouvons pas accepter qu'un policier soit d'abord blessé avant d'être en mesure juridiquement de riposter", a encore déclaré Claude Guéant jeudi matin.

Même son de cloche du côté de l'UMP, par la voix de son secrétaire national Bruno Beschizza, qui s'en est pris à "certains juges" accusés de "n'appliquer que la présomption de culpabilité" en oubliant "la présomption d'innocence" face à "certains policiers". "Le scandale en Seine-Saint-Denis, ce sont les voyous qui bénéficient trop souvent eux de la culture de l'excuse", a-t-il ajouté.

Le FN attaque, Hollande propose

Au FN, l'affaire a aussi fait réagir Marine Le Pen qui s'est dite "solidaire" des policiers. "Clairement, les magistrats dévoyés du tribunal de Bobigny ont appliqué l'adage de toujours du Syndicat de la magistrature, classé à gauche : 'soyez pour le criminel, contre la victime et contre le policier'", ajoute le FN dans un communiqué.

De son côté, François Hollande n'a pas souhaité polémiquer sur le fond du dossier, préférant mettre en avant "un travail très difficile, notamment dans un certain nombre de quartiers dans nos villes, notamment en Seine-Saint-Denis" et des "moyens réduits". Le candidat socialiste à la présidentielle a préconisé que les policiers bénéficient dans ces circonstances d'une "protection administrative".