Des élus UMP tapent sur le bouclier fiscal

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Des élus UMP tapent sur le bouclier fiscal
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Ils exigent au moins des aménagements. Jean-François Copé promet d'en "reparler".

Honni par la gauche, le bouclier fiscal trouve de plus en plus d'adversaires au sein même de la majorité présidentielle. Après Dominique de Villepin ou Gérard Longuet, c’est l'ex-premier ministre Alain Juppé qui est monté une nouvelle fois au créneau mardi matin assurant qu'il fallait l’aménager.

"Aujourd'hui, il y a une petite minorité de très riches qui ne cessent de s'enrichir", a affirmé le maire de Bordeaux. "Cela ne me choquerait pas qu'on demande aux très riches de faire un effort de solidarité supplémentaire vis-à-vis de ceux qui souffrent", a-t-il ajouté.

Par ailleurs, 13 députés UMP ont annoncé mercredi qu'ils allaient demander la suspension du bouclier fiscal dans une proposition de loi. Des villepinistes (Marc Bernier, Marie-Anne Montchamp, Michel Raison) sont les signataires du communiqué, de même que Michel Piron et René Couanau, qui avait déposé en mars 2009 un amendement pour suspendre le fameux bouclier plafonnant l'impôt à 50% des revenus. "Au moment où un effort national est nécessaire pour réformer les retraites, réduire les déficits, soutenir les personnes en situation de précarité, il est indispensable que cet effort soit partagé par tous", écrivent les 13 députés dans un communiqué.

Copé moins affirmatif

Même le président du groupe à l'Assemblée Jean-François Copé, jusqu'ici farouche défenseur de la mesure phare du début de quinquennat de Nicolas Sarkozy, se montre désormais très prudent. Mais il n'écarte pas totalement la fin du dispositif. "Ça me paraît un peu prématuré d’en parler. Cela dit, je m’empresse de vous dire que je n’esquive pas la question. Moi à titre personnel, je n’ai pas une religion totalement définitive sur le sujet. On aura l’occasion d’en reparler", a-t-il confié sur Europe 1.

Lundi, lors du huis clos du séminaire des parlementaires UMP à Paris, le sénateur UMP Jean-Pierre Fourcade avait carrément demandé la suspension de la mesure "tant que la situation financière" du pays ne serait pas amélioré.

Baroin défend la mesure

Reste que pour le moment, l'exécutif ne donne pas vraiment de signe en ce sens. Interrogé sur le sujet dans un entretien accordé mercredi aux Echos, François Baroin estime que "c'est un bon principe d'équité fiscale". Avant de conclure : "Laissons le dispositif fonctionner sur la durée et faisons le bilan".

"Il faut le maintenir car il n'est pas acceptable que quelqu'un paie plus de 50% de ses revenus en impôts" a-t-il insisté de son côté le secrétaire d'Etat au Logement, Benoist Apparu, invité d'Europe 1 mercredi.

Dimanche, dans une interview au JDD, François Fillon s'était quant à lui refusé à envisager une abrogation, qualifiant d'"argument démagogique" une suppression du bouclier fiscal afin d'envoyer un signe de justice sociale au pays.

Premier bilan

Selon une étude du rapporteur général du budget à l'Assemblée nationale, Gilles Carrez, le dispositif a coûté 700 millions d'euros à l'Etat en 2009, un chiffre qui devrait être le même cette année. En 2008, le "bouclier" avait bénéficié à 19.000 foyers français, selon des statistiques du ministère de l'Economie.

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