Des dossiers chauds sur la table

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Des dossiers chauds sur la table
Des chantiers urgents attendent les ministres nommés mercredi.@ Max PPP
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Plusieurs dossiers brûlants attendent les 34 ministres du gouvernement Ayrault.

Les 34 ministres choisis par François Hollande et Jean-Marc Ayrault vont devoir s'atteler à de nombreux chantiers urgents. Si certaines reformes pourront être rapidement mises en œuvre via des décrets, le gouvernement devra temporiser pour d'autres faute d'une majorité à l'Assemblée nationale. Europe1.fr dresse la liste non-exhaustive des dossiers chauds du gouvernement.

Vincent Peillon

© MAXPPP

Le recrutement de 1.000 profs pour Vincent Peillon. Les attentes sont grandes dans le monde de l'éducation après la nomination de Vincent Peillon, réputé fin connaisseur du domaine. L'ex professeur agrégé de philosophie va devoir mettre en œuvre le recrutement de 60.000 postes dans l'Éducation nationale sur les cinq prochaines années, dont une partie dès la rentrée, avec notamment 1.000 postes supplémentaires dans le primaire. Les syndicats espèrent également la mise en place de mesures immédiates, notamment l'augmentation de 25% de l'allocation de rentrée scolaire. Autre mesure que Vincent Peillon a annoncé dès la prise de fonction de François Hollande : l'abrogation du décret sur l'évaluation des enseignants, très critiqué par les syndicats car il confiait cette mission aux chefs d'établissement.

Enfin, la circulaire de rentrée 2012 va être abrogée, de même que le décret sur l'évaluation des enseignants et la circulaire Guéant sur les étudiants étrangers. Les évaluations en CE1 et CM2 seront suspendues. Des mesures d'urgence seront également prises pour compléter la formation pratique des nouveaux professeurs ainsi que sur l'allégement du temps scolaire.

Manuel Valls

© MAXPPP

La colère des policiers pour Manuel Valls.Le nouveau ministre de l'Intérieur devra rapidement répondre au mécontentement des policiers. Le malaise s'est exprimé par des manifestations, entre les deux tours de la présidentielle, depuis la mise en examen pour homicide volontaire d'un gardien de la paix, le 25 avril, pour avoir tué un délinquant en fuite à Noisy-le-Sec (Seine-Saint-Denis). "Il va trouver la police nationale en proie à un profond malaise qui s'est construit dans le temps. Les émeutes de 2005 qui ont contribué à réorienter les missions de police uniquement vers l'intervention, associés à la politique du chiffres. Tout cela a un peu déshumanisé le métier", a expliqué Nicolas Comte, le secrétaire général d'Unité SGP Police au micro d'Europe 1. Plusieurs syndicats réclament d'ores et déjà une "table ronde" ou un "Grenelle de la sécurité". Ils demandent également l'arrêt de la révision générale des politiques publiques (RGPP) dans la police et la fin des réductions d'effectifs.

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Les retraites pour Michel Sapin. Ce proche de François Hollande, nommé ministre du Travail, de l'Emploi et du dialogue social sera chargé de mettre en place cette réforme importante du début de quinquennat de François Hollande. Concrètement, 150.000 personnes vont ainsi pouvoir partir à 60 ans au lieu d'attendre 62 ans à deux conditions : si elles ont commencé à travailler entre 18 et 19 ans et si elles ont 41 annuités. Un projet de décret a déjà été rédigé et doit être soumis, ces jours-ci, aux caisses de retraites et aux syndicats pour consultation, ainsi qu'au conseil d'Etat. Le processus devrait prendre une dizaine de jours. Le gouvernement va devoir consulter les caisses d'assurance vieillesse ainsi que les syndicats avant de présenter un décret qui ne devrait pas être validé avant plusieurs semaines.

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© Max PPP

La surpopulation carcérale pour Christiane Taubira. La nouvelle Garde des Sceaux sera confrontée à un monde pénitentiaire au bord de l'explosion, avec plus de 67.000 détenus pour 57.000 places (chiffres du mois d'avril). Les syndicats de gardiens ont mené des actions de protestation durant une partie de la campagne présidentielle. "Il y a une vraie situation difficile de surpopulation, d'absence de moyens. La réflexion à avoir, c'est comment gérer l'application des peines et les prisons", préconise Christophe Régnard le président de l'Union syndicale des magistrats (USM), interrogé par Europe 1.

D'une manière générale, le monde judiciaire est en ébullition après la réforme de la carte judiciaire qui a réduit le nombre des juridictions de 1.206 à 819. Christiane Taubira devra notamment s'atteler à la réforme du statut des procureurs qui seraient désormais nommés après avis "conforme" du Conseil supérieur de la magistrature (CSM). La composition du CSM serait elle-même modifiée. "Après cinq ans très difficiles pour la justice avec une succession d'attaques contre les magistrats, nous avons besoin de calme, de sérénité, d'un ministre qui soit capable de s'imposer. Etant 3e dans l'ordre protocolaire, c'est un signe positif", ajoute Christophe Régnard. Cette réforme doit également s'accompagner de la suppression de la Cour de justice de la République (CJR), juridiction spéciale pour les ministres. Enfin, elle s'attèlera au doublement des centres éducatifs fermés pour les mineurs délinquants promis par le président.

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© MaxPPP

Le livret A pour Pierre Moscovici. Le nouveau ministre de l'Economie devra mettre en œuvre la volonté de François Hollande de doubler le plafond du livret A, fixé actuellement à environ 15.000 euros. Une réforme qui permettrait de collecter entre 15 et 20 milliards d'euros. L'objectif du gouvernement sera de construire dans le quinquennat 2,5 millions de logements intermédiaires, sociaux et étudiants, dont 150.000 logements très sociaux par ce biais. Par ailleurs, François Hollande avait promis de "garantir l'épargne populaire par une rémunération du livret A supérieure à l'inflation et tenant compte de l'évolution de la croissance". Ces mesures devraient être prises dans une semaine.

Jean-Yves Le Drian

© Maxppp

Le retrait d'Afghanistan pour Jean-Yves Le Drian. Ancien maire de Lorient, la ville des commandos et des chantiers navals de la Marine, puis membre de la commission Défense à l'Assemblée nationale, Jean-Yves Le Drian est ce qu'on appelle un "militaro-compatible". Il aura comme premier gros défi d'appliquer la volonté de François Hollande de retirer d'ici fin 2012 les "troupes combattantes" françaises déployées en Afghanistan, soit 18 mois avant la date fixée par le calendrier de l'Otan. Il tentera de convaincre ses partenaires, les Etats-Unis et l'Allemagne très réticents, du bien fondé d'accélérer le processus lors du sommet de Chicago les 20 et 21 mai prochains. Autre dossier délicat qu'il va falloir gérer : les réductions budgétaires qu'il va devoir arbitrer tout en poursuivant notamment la réforme des bases de défense et la baisse des effectifs (54.000 postes supprimés entre 2009 et 2015).