Députés, souriez, vous allez être téléchargés

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Députés, souriez, vous allez être téléchargés
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La rentrée parlementaire va être marquée par une innovation sur le web : la possibilité de télécharger toutes les vidéos des travaux.

Des députés qui quittent leurs bancs, se regroupent au pied de la tribune du "perchoir" du président de l’Assemblée nationale, et entonnent une retentissante Marseillaise : la scène, une première sous la Ve République, se passe à l’Assemblée nationale, le 20 janvier 2009, un peu avant minuit, lors de l’examen d’un projet de loi sur la réforme du travail parlementaire.

Le lendemain, les télévisions passent en boucle un extrait de la séance agitée, et le groupe des députés socialistes propose également, depuis son compte Dailymotion, un montage-vidéo de la séquence, visionné à plusieurs dizaines de milliers de reprises en une journée – un carton d’audience, sur le net :

Mais pour l’internaute curieux ou le citoyen passionné, impossible de revoir la séquence dans son intégralité, sans montage. Le site internet de l’Assemblée avait bien diffusé la scène en direct – un service proposé depuis 1998 - mais ne permettait alors aucune séance de rattrapage. Seules les deux séances de questions au gouvernement hebdomadaires étaient disponibles.

Il en sera bientôt autrement : "avant la fin de l’année", le site www.assemblee-nationale.fr va proposer au téléchargement toutes les séquences enregistrées au Palais Bourbon, annonce Bertrand Marcincal, le chef de la division de l’information multimédia de l’Assemblée, interrogé par Europe1.fr.

Les débats seront disponibles pour être revisionnés "dans la demi-heure" suivant les séances, dévoile encore Bertrand Marcincal, à la tête d’un service "d’une douzaine de fonctionnaires" qui dépense chaque année plus de 200.000 euros en frais d’hébergement (211.000 en 2008, 230.000 euros en 2007 – chiffres détaillés dans ce document PDF, page 12 ).

Dans le détail, les fichiers seront uniquement téléchargeables depuis le site de l’Assemblée : leur diffusion sur les plateformes vidéo comme YouTube ou Dailymotion n’est pas à l’ordre du jour.

Aucune précision n’a en revanche été apportée, pour l’instant, sur le format de mise à disposition des vidéos. Aujourd’hui, les quelques vidéos à la demande existantes sont uniquement proposées au format "Windows Media", ce qui peut empêcher les utilisateurs "Mac" et "Linux" de les visionner. Concernant le flux des directs, une pression des internautes a conduit à un changement du format de mise à disposition, en mars 2009.

Innovation la plus visible d'entrée pour le grand public, ce renforcement de la place de la vidéo s'accompagne de plusieurs changements pour le site, qui a la responsabilité et la particularité de proposer une information officielle : "On n’est pas le site de Rires & Chansons", résume son responsable.

Ainsi, autre nouveauté, déjà repérée par les professionnels de l’Assemblée : la création d’un système d’alertes personnalisées. Une fois validée la création d’un mot-clef, toutes les nouvelles publications rencontrant la requête définie seront adressées à l’utilisateur enregistré par courriel.

On imagine certains experts se saisir de l’outil pour des thématiques spécialisées … mais l’outil s’avèrera sans doute également redoutable pour qui veut suivre à la trace le travail de son député.

> Pour aller plus loin :

- Rentrée parlementaire : la nouvelle session extraordinaire est convoquée le 14 septembre
- Flicage ou pas ? Réécoutez la chronique : "Députés sous surveillance" de Guy Birenbaum, revenant sur la création du site internet nosdeputes.fr
- Une estimation du trafic du site de l’Assemblée, d’après Google Ad Planner
- L'Assemblée explose son record de connexions avec la loi Hadopi: un article du site Numérama.