Départementales : les communistes sauvent les meubles

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Départementales : les communistes sauvent les meubles
@ BORIS HORVAT / AFP
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VERRE À MOITIE PLEIN - Le PCF perd l'Allier mais conserve le Val-de-Marne, ainsi que 165 conseillers départementaux. 

La gauche, toute la gauche, a pris une raclée lors des départementales. Inversant les rapports de force, la droite l'a emporté dans 66 départements et la gauche dans 34. Les communistes, eux non plus, n'ont pas échappé à la débâcle, perdant un département sur deux, l'Allier étant tombé entre les mains de la droite. Mais la facture aurait pu être encore plus salée.

Érosion des députés et perte de l'Allier. S'ils prennent le verre à moitié vide, les communistes peuvent avoir la gueule de bois lundi matin. Au niveau national, le PCF obtient 0,55% des voix lorsqu'il est parti seul, et 1,45% avec l'étiquette du Front de gauche. Au  total, le PCF passe de 239 élus à 165, selon des calculs internes au parti (un décompte partiel du ministère de l'Intérieur publié à 23h30 dimanche donne 118 élus PCF, et 62 pour le Parti de gauche).

L'Allier, un des deux derniers départements présidés par le PCF, a basculé à droite. L'Union républicaine pour le Bourbonnais, bannière des candidats UMP, UDI, MoDem et DVD, a en effet remporté 10 cantons sur 19. L'élection s'est notamment jouée dans le canton de Bourbon-L'Archambault, où le sénateur UMP Gérard Dériot et sa binôme Corinne Trébosc (DVD) ont été élus avec "à peine 50 voix d'écart", de quoi alimenter la frustration des communistes.



Le Val-de-Marne est sauvé. Mais en prenant le verre à moitié plein, les communistes peuvent se réjouir de conserver deux fois plus d'élus que le FN (62). En outre, ils ont échappé de justesse au pire : perdre le Val-de-Marne, communiste sans discontinuer depuis 1976. Les listes de gauche l'ont finalement emporté dimanche dans 14 cantons sur 25, après un suspens qui a duré jusque tard dans la nuit. "Les apprentis croque-morts qui avaient anticipé notre disparition peuvent ranger les corbillards", a ainsi raillé Ian Brossat, adjoint PCF à la mairie de Paris.



Appel à une "gauche alternative". Toutefois, l'heure est loin d'être au triomphalisme. Et le PCF appelle toutes les forces de gauche à se réveiller, pour ne pas se tirer les unes les autres vers le bas. "J'appelle toutes les forces citoyennes, politiques et sociales disponibles à la construction d'un mouvement de gauche alternatif ample et populaire, à vocation majoritaire pour ouvrir à nouveau l'espoir", a ainsi plaidé Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, en direction des communistes, du Front de gauche, d'EELV ou encore du mouvement Nouvelle Donne, fondé par l'économiste Pierre Larrouturou.  

Pierre Laurent 1

© DOMINIQUE FAGET / AFP


Le PCF également pointe également du doigt la responsabilité du gouvernement, responsable selon lui de la division de la gauche. Les électeurs "expriment une nouvelle fois leur rejet de la politique du gouvernement, et de son absence de résultat", assure Pierre Laurent dans un communiqué, notant "l'immensité de la défiance et du désarroi de millions de Français, qui, confrontés à la violence du quotidien, se sentent totalement trahis". "Continuer à rester sourd à ce qui sonne clairement comme un appel à un changement de cap politique serait engager la France dans le scénario du pire. Les communistes ne s'y résoudront jamais", promet le secrétaire national du PCF.

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