Départementales : la "dédiabolisation" du FN attendra

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Départementales : la "dédiabolisation" du FN attendra
@ EMMANUEL DUNAND / AFP
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VIEUX DÉMONS - Plusieurs candidats FN à l'élection de mars prochain font l'objet de sanctions pour des dérives racistes.

Cantonales 2011, législatives 2012, municipales 2014 : à chaque échéance, le FN promet des candidats irréprochables. Et à chaque échéance, certains parviennent à passer entre les mailles de la dédiabolisation. Prenez les élections de mars prochain. Le FN entend faire des départementales une démonstration de force, alors que le parti tourne autour de 30% d'intentions de vote. L'époque des dérives "est révolue" promettait même Nicolas Bay, le secrétaire général du FN, sous l'onglet "présenter des candidats sérieux et implantés" d'une note interne divulguée par le Huffington Post.

Pourtant, ces dernières semaines, on a assisté à un défilé de propos haineux de candidats FN aux départementales, sur les réseaux sociaux ou étalés dans la presse. Ainsi, mercredi dernier, le FN a annoncé que deux candidats à Vitré, en Ille-et-Vilaine, et à Arras, dans le Pas-de-Calais, allaient être "suspendus en vue d'une exclusion" pour avoir diffusé des messages à caractère xénophobe sur les réseaux sociaux.



Option 1 : le FN retire la candidature. Face aux dérives, le FN prévoit deux options, comme l'a précisé Nicolas Bay à l'AFP. La première: "retirer purement et simplement l'investiture, et renoncer à ces candidatures en n'imprimant pas les documents de vote". C'est ce qui va se passer par exemple pour Alexandre Larionov, candidat FN dans l'Aveyron, exclu du parti et qui va être jugé pour provocation à la haine raciale. Il avait appelé sur son compte Facebook notamment à la destruction des juifs "une fois et pour toujours".

Option 2 : le FN "recadre"... Deuxième option, selon Nicolas Bay: "les choses sont moins graves, les personnes sont recadrées et éventuellement ultérieurement amenées à s'exprimer devant les instances disciplinaires du parti". C'est le cas, d'après le parti, d'une candidate en Seine-et-Marne, Sophie Touvron, auteure de propos xénophobes contre les musulmans, les Noirs, les Algériens ou les Tunisiens sur sa page Facebook. Le 24 mai 2014, rappelle par exemple Le Figaro, elle publie un post intitulé “Explosion suivie d’un incendie dans une boucherie halal de Châlette-sur-Loing” assorti du commentaire “TROP BON…”. Le FN a simplement décidé de la "recadrer".

Option 3 : le FN prend ses distances. Il y a un troisième cas, celui par exemple de Chantal Clamer, candidate Siel-FN-RBM en Ariège. Celle qui a appelé dans des tweets début 2014 à "éliminer sans hésitation par tous les moyens possibles" les musulmans et a insulté les lesbiennes ne pourra se voir retirer son investiture. C'est en effet impossible une fois la candidature officiellement déposée. Mais le Siel, petit parti allié au FN dont elle est issue, lui demandera de ne pas se revendiquer de ces formations si elle est élue.



Des cas "marginaux" mais qui font tache. Face à ces défaillances, Nicolas Bay plaide le côté anecdotique : "Ca reste très marginal en nombre par rapport aux 7.648 candidats que nous alignons". "Un infime pourcentage de turpitude lié à la nature humaine. C'est comme ça dans tous les mouvements politiques. J'ai fait le calcul, ça représente 0,08 % de nos candidats", a renchérit Florian Philippot, jeudi sur France Inter.

Reste que tous ces cas font tache. Marine Le Pen avait certifié, pas plus tard que lundi, que ses candidats étaient "scrutés" et "passés au scanner". D'après le Huffington Post, une cellule a même été mise en place pour vérifier les profils des candidats sur les réseaux sociaux. "J'aimerais que l'on ait 100% de candidats absolument parfaits", assène jeudi Florian Philippot. Il y a visiblement encore du travail.

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