Démissions : "une triste surprise"

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Démissions : "une triste surprise"
@ MAXPPP/REUTERS
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Pour l’opposition Joyandet et Blanc ont su tirer les leçons des multiples révélations d’affaires.

Après la démission d'Alain Joyandet et de Christian Blanc, la secrétaire d'Etat Nathalie Kosciusko-Morizet a insisté sur la différence, selon elle, entre leur situation et celle de Woerth, tandis que le numéro 2 du PS, Harlem Désir, s'est au contraire demandé pourquoi l'Elysée couvrait à ce point le ministre du Travail, accusé de conflit d'intérêts dans l'affaire Bettencourt.

"Rien à voir avec Woerth"

UMP - Pour Nathalie Kosciusko-Morizet, il n’y "rien à voir" entre les cas d'Alain Joyandet ou de Christian Blanc, qui ont démissionné dimanche, et celui d'Eric Woerth. Interrogée lors de l'émission La Tribune de BFM/Daily Motion, la secrétaire d'État à la Prospective et au Développement de l’économie numérique souligne que les deux secrétaires d’Etat "ont été mis en cause sur une mauvaise utilisation des deniers de l'Etat".

En revanche, a poursuivi Nathalie Kosciusko-Morizet, "dans le cas d'Eric Woerth (…) on empile des faits les uns sur les autres pour en faire des soupçons et sur la base de soupçons on condamne (...). "Et en plus là c'est fait" pour "un motif politique", a-t-elle conclu, en faisant référence à la réforme des retraites que le ministre du Travail est en train de mener.

Déception pour Dominique Paillé. Le porte-parole de l'UMP a qualifié, dimanche soir sur Europe 1, de "triste surprise", le départ du gouvernement d'Alain Joyandet, "un ami de longue date". "C'est un homme d'honneur (...) qui n'a pas supporté d'être remis en cause de manière tout à fait insupportable et infondée, et il en tire donc les conséquences qu'il s'impose".

Dominique Paillé dénonce une "chasse à l'homme" conduite par l'opposition :

Woerth "couvert" par l’Elysée

Parti socialiste - "En démissionnant du gouvernement, Alain Joyandet et Christian Blanc ont su tirer les leçons des multiples révélations d’affaires qui provoquent l’écoeurement des Français", écrit Harlem Désir sur son blog, tout en soulignant "l’absence de réponses claires aux questions posées par les révélations successives dans l’affaire Woerth/Bettencourt". "Pourquoi M.Woerth est il autant protégé par l’UMP, pourquoi l’Elysée le couvre-t-il à ce point ?", s’interroge le numéro 2 du PS.

Pour Jean Paul Huchon, ces démissions sont la "preuve s'il en est d'une crise gouvernementale". Le président PS de la région Ile-de-France "qui n'a cessé de déplorer la méthode de travail du secrétaire d'Etat (au Grand Paris, Christian Blanc, ndlr), attend désormais de l'Etat concertation et respect des collectivités locales dans la mise en oeuvre des grands projets d'aménagement de l'Ile-de-France".

"Ce sont quelques gouttes de cohérence dans un océan d'incohérences", estime pour sa part le député PS Claude Bartolone, qui ne comprend pas que "ces deux-là sortent alors que d'autres restent au gouvernement".

MoDem - Pour Marc Fesneau, secrétaire général du MoDem, "ces démissions sont logiques et étaient inéluctables au regard de ce qu'avait révélé la presse sur le comportement inadmissible de ces deux secrétaires d'Etat (...) Ils auraient dû quitter d'eux-mêmes le gouvernement pour des questions d'éthique et de cohérence."