Défense, Moscou, Trump... Ce qu'il faut retenir de l'interview de François Hollande sur l'Europe

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Défense, Moscou, Trump... Ce qu'il faut retenir de l'interview de François Hollande sur l'Europe
Le chef de l'Etat, François Hollande, lors d'un Conseil européen, le 15 décembre. @ JOHN THYS / AFP
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A quelques heures d'un mini-sommet européen qui réunira les dirigeants français, allemand, italien et espagnol à Versailles, François Hollande a donné une longue interview à plusieurs quotidiens européens.

Perspectives internationales, montées des populismes, défense... A quelques heures d'un mini-sommet européen qui réunira les dirigeants français, allemand, italien et espagnol à Versailles, François Hollande a accordé une longue interview à six journaux européens, dont Le Monde. Alors que la Communauté européenne fête ses 60 ans d'existence le 25 mars prochain, le chef de l'Etat revient sur les enjeux d'une Europe fragilisée. 

Encourager la défense européenne. François Hollande propose une "coopération structurée" des "pays qui veulent aller beaucoup plus loin" sur l'Europe de la défense, en association avec la Grande-Bretagne. "Je propose (...) une coopération structurée, pour fédérer les pays qui veulent aller beaucoup plus loin" en matière de défense, a déclaré le chef de l'Etat français, ajoutant que dans son "esprit, le Royaume-Uni, même en dehors de l'UE, doit y être associé".

Pas d'alternative à une Europe à plusieurs vitesses. Pour éviter l'explosion de l'Union européenne, François Hollande estime que "l'Europe à 27 ne peut plus être l'Europe uniforme à 27. Longtemps, cette idée d'une Europe différenciée, avec des vitesses différentes, des rythmes distincts pour progresser, a suscité beaucoup de résistance. Mais aujourd'hui, c'est une idée qui s'impose. Sinon, c'est l'Europe qui explose."

Favorable à une reconduction de Tusk. Le président français envisage une reconduction du Polonais Donald Tusk à la tête du Conseil européen, en dépit de l'opposition du parti conservateur nationaliste au pouvoir en Pologne. "J'ai moi-même porté la candidature de Donald Tusk il y a deux ans et demi à la présidence du Conseil", explique François Hollande. Il estime ainsi n'avoir pas "de raison de la remettre en cause, même si au regard des équilibres politiques, ce serait le tour d'un socialiste".

La menace de Moscou. François Hollande accuse Moscou d'utiliser "tous les moyens pour influencer les opinions publiques" avec "parfois les même procédés". "La Russie utilise tous les moyens pour influencer les opinions publiques", a déclaré le chef de l'Etat, ajoutant que même si "ce n'est plus la même idéologie que du temps de l'URSS, (...) ce sont parfois les mêmes procédés, les technologies en plus". 

La montée des populismes. Interrogé sur l'impact de la victoire de Donald Trump sur l'Union européenne, François Hollande regrette que le président américain "donne un crédit aux populistes et aux nationalistes". Le chef de l'Etat estime également que sa "méconnaissance" de l'UE oblige l'Europe à clarifier son projet politique et économique, sous peine de disparaître face à la montée des populismes. 

La menace Le Pen "existe"

A moins de deux mois de l'échéance présidentielle, François Hollande juge que la "menace" d'une victoire de Marine Le Pen à la présidentielle "existe" même s'il estime que "la France ne cèdera pas" à la tentation de l'extrême droite. La France "a conscience que le vote du 23 avril et du 7 mai déterminera non seulement le destin de notre pays mais aussi l'avenir-même de la construction européenne", fait valoir François Hollande.