Déchéance de nationalité : Taubira réitère son scepticisme

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Déchéance de nationalité : Taubira réitère son scepticisme
@ PATRICK KOVARIK / AFP
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CACOPHONIE - Christiane Taubira a déclaré jeudi que "la déchéance de nationalité n'est pas souhaitable pour les Français binationaux".

Bis repetita. La ministre de la Justice Christiane Taubira a réaffirmé jeudi sa conviction que "la déchéance de nationalité n'est pas souhaitable" pour les Français binationaux, critiquant une mesure à l'efficacité "absolument dérisoire". "Je ne fais pas mystère du fait que oui, je pense que la déchéance de nationalité n'est pas souhaitable pour des Français binationaux parce que l'efficacité, et le Premier ministre en a convenu, est absolument dérisoire", a-t-elle expliqué sur iTELE

La ministre de la Justice s'était récemment inquiétée de la mise en cause par cette mesure, présentée comme un moyen de lutte contre le terrorisme, du principe du droit du sol et d'une rupture d'égalité entre les citoyens. C'est pourtant elle qui doit défendre devant l'Assemblée nationale le projet de réforme de la Constitution qui comprend la déchéance de la nationalité, avec le Premier ministre Manuel Valls.

"Un problème de fond". Fin décembre, en plein débat sur l'extension controversée de la déchéance de nationalité, la ministre de la Justice avait affirmé, dans un entretien accordé à la radio algérienne Chaîne 3, que le projet de révision constitutionnelle ne retenait pas cette mesure. "Ça pose un problème de fond sur un principe fondamental qui est le droit du sol auquel je suis profondément attachée", avait ajouté la garde des Sceaux. Cette annonce, qui s'était rapidement révélée fausse, avait été le point de départ d'une cacophonie gouvernementale qui se poursuit, jeudi encore.

Loyale envers Hollande... Elle a néanmoins assuré que sa loyauté envers le président François Hollande, à l'origine de cette proposition, était "toujours totale". "Alors j'entends que j'avale des couleuvres, mais moi je pense qu'il est bon qu'on ait du respect pour les institutions. (...) Vous entendez des paroles de parlementaires qui sont aussi loyaux au président de la République et même au gouvernement et qui disent leur sentiment, leur conviction. Donc, nous sommes à un moment où nous pouvons exprimer cela", a-t-elle fait valoir.

... Et Valls ? Cette nouvelle déclaration intervient au lendemain de la parution d'une tribune dans l'Obs où Manuel Valls a défendu les mesures proposées par l'exécutif pour renforcer la lutte contre le terrorisme. S'agissant de la déchéance de nationalité, le chef du gouvernement a estimé qu'elle ne portait pas atteinte au droit du sol, ni à la binationalité. "Cette mesure (...) rappelle qu'être français, binational ou pas, naturalisé ou de naissance, par le sang ou par le sol, c'est partager les mêmes valeurs, une même espérance, se retrouver dans l'épreuve et dans les souffrances", a-t-il dit. François Hollande n'a plus qu'à trancher.