Déchéance : ni "discrimination entre les Français", ni "apatrides", plaide Cambadélis

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Le premier secrétaire du PS a affirmé que le parti se mettra d'accord dans quelques jours sur la déchéance de nationalité, qui divise les socialistes.

"Le feuilleton doit cesser. Il faut maintenant prendre une décision" sur la déchéance de nationalité, a déclaré le premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis mercredi sur Europe 1. Avant de préciser sa position : "faut-il l’union nationale contre le terrorisme ? Oui. Faut-il inscrire l’état d’urgence dans la constitution ? Oui. Faut-il dénier le droit d’être français aux terroristes qui nous dénient le droit d’être français ? Oui. Faut-il qu’il y ait des discriminations entre Français ? La réponse est non. Faut-il qu’il y ait des apatrides ? Réponse : non".

Renvoi de la balle aux parlementaires. Le responsable socialiste a annoncé qu'une décision, à laquelle "il faudra se tenir", serait prise "en début de semaine prochaine" au PS. Selon lui, les parlementaires réuni en Congrès devront ensuite "prendre leurs responsabilités" lors du vote de la réforme constitutionnelle, dans laquelle doit être inscrite cette mesure. 

L'idée d'une extension de la déchéance de nationalité des binationaux nés français à tous les Français condamnés pour terrorisme circule depuis quelques jours au PS, qui n'a pas réussi à se mettre d'accord lors de son bureau national lundi. Elle est envisagée par certains socialistes comme Jean-Christophe Cambadélis ou le patron des députés PS Bruno Le Roux pour contrer les opposants à la déchéance de nationalité pour les binationaux. Le principal argument de ces derniers est qu'avec cette mesure, qui ne vise qu'une partie des Français condamnés pour terrorisme, tous les Français ne seraient pas traités à égalité. 

Une mesure "symbolique". François Hollande avait proposé de déchoir de la nationalité française les binationaux nés français et condamnés définitivement pour terrorisme lors de son discours devant le Congrès, quelques jours après les attentats. Il avait maintenu cette mesure, qualifiée par Manuel Valls de "symbolique", malgré les protestations de bons nombre de ténors socialistes, dont Jean-Marc Ayrault et Martine Aubry. La déchéance de nationalité pour les terroristes ou les auteurs de "crimes contre la nation" est prônée de longue date par la droite et l'extrême-droite.