Dans les terres pro-FN, les militants d'En Marche ! déterminés à convaincre

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Dans les zones où Marine Le Pen a réalisé de très hauts scores au premier tour de l'élection présidentielle, des militants macronistes tentent d'inverser la tendance.

REPORTAGE

Leur tâche n'est pas aisée mais ils s'accrochent. Des militants pro-Macron ont décidé d'aller convaincre, jusqu'à la dernière minute, les électeurs qui ont voté en faveur de Marine Le Pen au premier tour de l'élection présidentielle. Europe 1 a rencontré l'un de ces macronistes en campagne, à Loisy-sur-Marne, près de Vitry-le-François, dans la région Grand-Est, où Marine Le Pen est arrivée en tête avec 34% des voix, devant Emmanuel Macron à 20%.

Un accueil un peu frisquet. Thierry Mouton, c'est l'enfant du village. Il vote Emmanuel Macron. Mais ici, un habitant sur trois a choisi Marine Le Pen au premier tour de l'élection présidentielle. Alors il tracte tous les jours pour tenter de rallier ses voisins. Thierry commence par une rue symbolique : "La fosse aux loups… Pour quelqu'un qui s'appelle Mouton, c'est comique !", s'amuse-t-il. Le militant est accueilli par un homme, et les aboiements de ses chiens. "Ah non, non ! Ras-le-bol ! C'est fini. J'en ai vu des bonhommes comme ça, c'est fini. Ce ne sont pas ces mecs-là qui gouvernent, c'est le fric", rétorque sèchement l'habitant, qui refuse d'entendre parler d'Emmanuel Macron. Thierry Mouton s'en retourne, sans avoir pu convaincre. 

La sécurité, l'un des enjeux. "Le vote frontiste est encore un vote caché, un vote de colère", pense le militant. Qu'à cela ne tienne, Thierry continue, tracts à la main. Un habitant argumente sur la jeunesse du candidat d'En Marche !. "Ça fait du bien d'avoir un jeune", répond le macroniste. Mais cet électeur semble se retrouver davantage dans le programme de Marine Le Pen, notamment sur le volet sécuritaire. "Il y a tellement de vols. Il y a des gamins qui essaient d'ouvrir toutes les voitures, et il n'y a personne qui bouge", déplore-t-il. Thierry, dont la détermination est intacte, lui soumet la page "Sécurité" de la profession de foi d'Emmanuel Macron. Rien à faire. Pour cet habitant de Loisy-sur-Marne, ce sera Marine Le Pen. "Elle n'est pas comme son père", justifie-t-il.

En remontant dans sa voiture, Thierry a tout de même le sentiment du devoir accompli. Sur la banquette arrière, il lui reste encore une pile de tracts… et moins de 24 heures.