Critiqué en Allemagne, Moscovici en appelle au "respect"

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INTERVIEW E1 - L'ancien ministre de l'Economie et candidat à un poste de commissaire européen était l'invité politique d'Europe 1, vendredi.

Il appelle les Allemands au "respect". Pierre Moscovici, ancien ministre de l'Economie de François Hollande et choisi par ce dernier pour devenir commissaire européen, était l'invité de Jean-Philippe Balasse, vendredi sur Europe 1. Il a notamment répondu aux critiques venues d'Allemagne, où certains voient d'un mauvais œil la nomination d'un Français à un important portefeuille économique européen. "Je crois qu'il faut vraiment raison garder", a-t-il affirmé. "Nous nous devons les uns aux autres le respect, nous nous devons l'amitié, et l'amitié, c'est une construction, c'est une discipline. J'essaie d'imaginer ce qu'on dirait, en Allemagne, s'il y avait des expressions de cette nature-là sur le commissaire allemand ou sur la chancelière allemande".

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L'ex-ministre assure pour autant ne pas mal prendre ces critiques. "Au contraire, j'en appelle à l'apaisement, à l'amitié, au respect", a-t-il lancé. "Il peut y avoir des dialogues, des débats. Entre conservateurs allemands et progressistes français, on n'a pas la même conception de ce que peut être l'avenir de l'Europe", a-t-il admis. Mais "se disqualifier comme ça, ce n'est pas possible".

"Une responsabilité économique importante" pour la France. Enfin adoubé par François Hollande pour devenir commissaire européen, Pierre Moscovici ne sait cependant pas encore quel poste il occupera dans l'équipe du futur président de la Commission, Jean-Claude Juncker. "Ce sera fait fin août", a-t-il assuré, en se montrant confiant sur sa capacité à obtenir un portefeuille d'ampleur. "Ce que je sais, c'est que le président de la République, François Hollande, a demandé pour la France une responsabilité économique significative", a-t-il poursuivi. "Et de tout ce que je vois, de tout ce que je sais, des conversations que je peux avoir avec Jean-Claude Juncker, j'ai la conviction raisonnable, raisonnée, mais aussi tranquille, que la France aura une responsabilité économique importante dans la future Commission".

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"François Hollande est toujours mon ami". Pierre Moscovici s'est également attaché à défendre François Hollande, "sur lequel on s'acharne d'une manière qui me paraît absolument invraisemblable", a-t-il soutenu. Le président de la République a longtemps tergiversé avant d'en faire le candidat de la France pour un poste de commissaire européen. Mais Pierre Moscovici ne semble pas lui en tenir rigueur : "François Hollande est toujours mon ami, ça fait trente ans que c'est mon ami, ça ne va pas changer maintenant", a-t-il martelé. "Je pense que c'est une personnalité de valeur et que c'est un homme qui est tout entier attaché au redressement au pays", a-t-il assuré. "Il travaille pour les Français. Je pense qu'on lui rendra ce mérite."