Courbe du chômage : Sapin "comprend ceux qui n'y croient pas"

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Courbe du chômage : Sapin "comprend ceux qui n'y croient pas"
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Sur le plateau de "PolitiqueS", le ministre du Travail a voulu rassurer.

Quelques jours après la démission du ministre du Budget Jérôme Cahuzac, le gouvernement est plus que jamais mobilisé face à la crise. Ébranlé, peut être, mais sur le pont. Invité de Serge Moati dans l'émission "PolitiqueS", sur LCP, en partenariat avec Europe 1 et Dailymotion, le ministre du Travail, de l'Emploi, du Dialogue social et de la Formation professionnelle est formel : "On le dit et on le fera, on inversera la courbe du chômage". Et rassure ceux qui s'inquiètent : "Nous sommes là, nous sommes ensemble, au travail". "Il faut combattre ce sentiment profond que l'on ne peut pas faire grand chose", dit-il, en parlant d'un "sentiment d'une forme de déception généralisée".



Inversion de la courbe du chômage : "je...par LCP

 Mais le ministre se met aussi à la place de ceux qui "regarderaient ce spectacle" : "Je comprends ceux qui n’y croient pas, mais est-ce une raison pour ne pas agir ? Non !" tranche Michel Sapin. Concernant le calendrier des mesures du gouvernement pour redresser l'emploi et lutter contre la crise, Michel Sapin demande du temps : le contrat de génération "paru seulement lundi dernier au journal officiel, ne peut avoir des effets aujourd'hui sur le chômage des jeunes, mais il en aura". En novembre, assure-t-il.
 
 Réfutant les accusations de la droite, il réaffirme que François Hollande et la majorité étaient "préparés" : "On savait que les choses étaient difficiles". Les prévisions de croissance trop élevées ? "Le 1,7% était le consensus de la campagne", dit-il, avant d'accuser Nicolas Sarkozy qui, selon lui, tenait le discours selon lequel "la crise est derrière nous". Deuxième mesure concrète, l'Accord national interprofessionnel (ANI), qui "s'inspire de l'Allemagne". Un accord qui, selon le ministre du Travail, permettra d'éviter la "préférence" qui existe en France pour le licenciement.
 
 Michel Sapin fait face à la crise. Mais aussi à ses adversaires, pas avares de critiques. Jean-Luc Mélenchon, par exemple, qui dénonce les "mensonges" du gouvernement : "Je ne fais plus attention aux mots de Jean-Luc Mélenchon parce que quand les mots sont trop gros ils n’ont plus d’importance" réplique le ministre du Travail. Et de poursuivre en dénonçant "la facilité de langage" du co-président du Parti de gauche : "Il se laisse emporter par les mots, la politique c’est pas simplement des mots". Sur les couacs de communication, Michel Sapin rappelle que "les couacs, c'est la nature de la politique" mais assure tout de même que "moins y'en a, mieux c'est".
 
 Dans ce contexte déjà houleux, la démission de Jérôme Cahuzac n'arrange rien : "C'est toujours difficile, douloureux, il y a aussi une matière humaine", déclare Michel Sapin, qui salue un ministre "compétent" pour lequel il a du "respect". Mais la politique a ses lois, parfois rudes : "On ne peut pas préjuger de la situation d'un homme, mais on ne peut pas accepter en politique que soit maintenu en poste quelqu'un soupçonné, peut être à tort, par la justice". Quant à savoir si François Hollande n'a pas agit trop tard, Michel Sapin répond, ferme : "François Hollande a agit exactement dans le tempo qui convenait".