Costumes de François Fillon, parrainage de Manuel Valls, envolée d’Emmanuel Macron : la semaine en cinq déclarations

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Costumes de François Fillon, parrainage de Manuel Valls, envolée d’Emmanuel Macron : la semaine en cinq déclarations
@ AFP
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PRÉSIDENTIELLE - Chaque vendredi, Europe 1 vous fait revivre les temps forts de la semaine écoulée en cinq citations.

Les juges se penchent désormais sur sa garde-robe. François Fillon, déjà empêtré dans une affaire d’emplois présumés fictifs, doit aussi faire face à des soupçons de trafic d’influence. Le parquet national financier s'interroge en effet sur les onéreux costumes qui lui ont été offerts par un "ami" dont l’identité n’a pas été dévoilée. Chez les socialistes, la fracture est de plus en plus marquée, Manuel Valls a choisi de ne pas parrainer Benoît Hamon, en dépit des règles de la primaire. L’ancien Premier ministre s'est toutefois gardé de rallier Emmanuel Macron, que François Hollande imagine déjà à l’Elysée... Retour en cinq citations sur la semaine de campagne :

 

J’ai le droit de me faire offrir un costume, ça n’est pas interdit
François Fillon au micro d’Europe 1, le 13 mars

Une note salée. Mis en examen mardi pour une affaire d’emplois présumés fictifs, François Fillon doit désormais répondre aux attaques sur son dispendieux train de vie et aux soupçons de conflits d'intérêt. Le député de Paris, candidat Les Républicains à la présidentielle, aurait en effet dépensé 48.500 euros en vêtement de luxe depuis 2012, selon une information du JDD. Sur cette somme, 35.500 euros auraient été directement payés en liquide à la célèbre maison Arnys, et 13.000 euros en chèque par un mystérieux "ami". De quoi soulever des interrogations alors que les éventuels cadeaux que peuvent recevoir les députés dans le cadre de leur fonction doivent être signalés au déontologue de l’Assemblée nationale lorsqu’ils dépassent 150 euros, et s’ils sont "susceptibles de créer une situation de conflit d’intérêts", précise le site de l’Assemblée. Au micro d’Europe 1 lundi, le Sarthois a balayé tout problème déontologique : "C’est ma vie privée, ça ne regarde personne !" Le même jour, le parquet national financier a néanmoins élargi son enquête à des soupçons de trafic d’influence.


 

Je ne peux pas apporter mon parrainage à Benoît Hamon
Manuel Valls à Paris-Match le 14 mars

Deux gauches irréconciliables. L’aile-droite du PS se désolidarise un peu plus de la campagne de son candidat. Après le ralliement à Emmanuel Macron de Christophe Caresche début mars et la tentative avortée des Réformateurs du PS de lancer un appel en faveur du fondateur d’En marche ! la semaine dernière, c’est au tour du Premier ministre sortant de prendre ses distance avec l’ex-frondeur. Manuel Valls, qui s’était déjà inquiété du ralliement à EELV, a indiqué à Paris-Match, puis de nouveau devant une centaine de parlementaires mardi soir, qu’il n'accordait pas son soutien à son ancien ministre de l’Education, dénonçant une "dérive" et "une gauche qui se replie sur elle-même, et parfois dans une forme de sectarisme". Pour autant, l’ancien chef du gouvernement, candidat aux législatives de juin dans sa circonscription de l’Essonne, n’a pas donné son soutien à Emmanuel Macron, avec qui les relations n’ont jamais été simples.


 

Je n'ai pas fondé une maison d'hôtes, pardon de vous le dire
Emmanuel Macron, le 14 mars à Lille

Un difficile numéro d’équilibriste. Il engrange les soutiens à ne plus savoir quoi en faire. Emmanuel Macron a vu ces dernières semaines de nombreux politiques venir gonfler les rangs d’En marche !, principalement issus de la gauche, modérée (Christophe Caresche) ou de la gauche de la gauche (Robert Hue), du centre (François Bayrou), et même quelques figures de droite (Alain Madelain et dernièrement le sénateur LR Jean-Baptiste Lemoyne). Interrogé sur un éventuel soutien de Manuel Valls, l’ancien ministre de l’Economie a préféré mettre le holà. "Manuel Valls fera ce qu'il pense bon, en conscience. Moi, je vous dis simplement que cela ne change en rien ma ligne", a-t-il déclaré à l’occasion d’un déplacement à Lille, alors même que des rumeurs sur un ralliement massif des élus de l’aile-droite socialiste circulent depuis des semaines. Il faut dire que le soutien de membres de l’actuelle majorité viendrait donner du grain à moudre à ceux qui l’accusent d’être l'héritier de François Hollande. Surtout, Emmanuel Macron, qui a déjà à ses côtés plusieurs ténors socialistes (Gérard Collomb, Bertrand Delanoë) peine à attirer jusqu’à lui des personnalités emblématiques de la droite, ce qui pourrait mettre à mal sa posture "ni de gauche ni de droite".


 

Pourquoi voudriez-vous que je parte ? Je me bats pour mes idées, pour la France et pour la victoire de Marine Le Pen
Florian Philippot au micro de Radio Classique, le 14 mars

Un homme isolé ? Florian Philippot n’a pas que des admirateurs au sein du Front National. Gilbert Collard, le député apparenté FN du Gard, aurait même déclaré vouloir "virer" le vice-président, selon des propos rapportés par deux journalistes de LCP dans leur livre biographique Philippot 1er. Une information aussitôt démentie par l’avocat dans un tweet, également relayé par l'intéressé. Grand artisan de la stratégie de dédiabolisation du parti, Florian Philippot entretient pourtant des relations en demi-teinte avec l’aile droite du FN. Son tweet de décembre 2016 sur Marion Maréchal-Le Pen, qu’il avait qualifié de "personne seule et isolée" quant à ses positions sur l’IVG, avait soulevé un tollé dans les rangs frontistes. Selon l’AFP, l’eurodéputé aurait même confié à des proches sur son avenir : "En 2017, le FN, je vais voir comment ça tourne. Je vais pas forcément y rester des années". Invité mardi de Radio Classique, l’élu a pourtant tenu à redire sa détermination : "Et je vais d'autant plus rester qu'on aura du travail puisque Marine Le Pen sera à l'Elysée".


 

Ce sera Macron
François Hollande cité par M le magazine le 17 mars

Et pourtant il n’y croyait pas. "Tu sais que tu vas perdre ?", avait lancé en octobre le chef de l’Etat à son protégé, sur le point de se lancer dans l’aventure présidentielle, selon des propos rapportés par France 2. Cinq mois plus tard, François Hollande a revu son jugement. “Ce sera Macron”, a-t-il déclaré à un proche, rapporte le magazine du Monde. Le président de la République estime en effet que François Fillon, le candidat Les Républicains, ne pourra pas remonter la pente face au Penelopegate, et refuse de laisser les clefs de l’Elysée à Marine Le Pen contre laquelle il est parti en croisade ces dernières semaines. Pour la première fois, un sondage Harris Interactive publié le 9 mars donne le fondateur d’En marche ! en tête du premier tour (26%) dans les intentions de vote. Au second, il l’emporterait face à la fille de Jean-Marie Le Pen avec 65% des suffrages.