Corbeil : trois sur trois pour l’UMP

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Corbeil : trois sur trois pour l’UMP
A travers Jean-Pierre Bechter (à d.), Serge Dassault continuera à peser sur la vie de Corbeil-Essonnes.@ MAXPPP
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Jean-Pierre Bechter, proche de Serge Dassault, a largement remporté dimanche l’élection municipale.

L’UMP garde la main à Corbeil-Essonnes. Pour la troisième fois en trois ans, les électeurs étaient invités à se rendre aux urnes pour désigner leur maire. Et pour la troisième fois en trois ans, la liste conduite au nom du parti présidentiel s’est imposé sur une liste d’union de la gauche menée par le Parti communiste.

"Serge conserve son bureau en mairie"

Et cette fois, un recomptage des voix ne sera pas nécessaire. Car Jean-Pierre Bechter, bras droit de Serge Dassault, l’a emporté dimanche avec 53,71% des suffrages, face à Bruno Piriou, qui a obtenu 46,29% des voix, a annoncé la mairie. Le taux d'abstention s'est établi à 53,13%.

Et si Serge Dassault ne siègera pas au conseil municipal, puisqu’il n’apparaissait qu’en dernière position de la liste gagnante, il ne compte pas s’effacer pour autant. "Pour moi, c’est un succès formidable", se réjouissait l’industriel peu après l’annonce des résultats. "On est là pour trois ans. On prendra les grandes décisions ensemble." Jean-Pierre Bechter abonde : "Serge conserve son bureau en mairie près de nous. Comme d’habitude. Cette ville ne peut pas se passer de M. Dassault. Dans le cœur des Corbeil-Essonnois, il reste le maire."

"Quelque chose de très malsain"

Bruno Piriou, battu, ne désarmait pas pour autant. "Vous connaissez de beaucoup de villes où il faut des escadrons de gendarmerie mobile pour assure la sécurité des bureaux de vote ? Il y a quelque chose de très malsain dans cette ville", a lancé l’opposant communiste. "Si les élections ont été annulées il y a deux ans, c’est parce qu’il y a des dons d’argent. Cela existe encore aujourd’hui. Nous avons une affaire Bettencourt au quotidien à Corbeil-Essonnes."

La dernière élection municipale avait été annulée le 22 septembre par le Conseil d'Etat au motif que le nom de Serge Dassault, alors inéligible, apparaissait sur les bulletins de vote de Jean-Pierre Bechter, mention "de nature à semer le doute". Les municipales de mars 2008 avaient pour leur part été invalidées en juin 2009 par le Conseil d'Etat qui reprochait à l'industriel, alors candidat à sa réélection, des "dons d'argent" à plusieurs électeurs. Le sénateur avait été déclaré inéligible pour un an, tout comme son adversaire Bruno Piriou pour invalidation de ses comptes de campagne.