Copé, l’heure du come-back

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Copé, l’heure du come-back
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Après 18 mois de cure de silence, l’ex-président de l’UMP orchestre son retour médiatique cette semaine. Au menu : la sortie d’un livre, des interviews, parfois étonnantes, et du terrain, encore. 

Pendant 18 mois, Jean-François Copé a rongé son frein. Evincé de la présidence de l’UMP en juin 2014 après l’éclatement de l’affaire Bygmalion, le député-maire de Meaux s’est imposé une cure médiatique, lui l’omniprésent, l’accro aux plateaux télé et aux studios radios. Dans quelques jours, cette traversée  du désert sera derrière lui. Car l’ancien président de l’UMP, devenue Les Républicains sous l’impulsion de Nicolas Sarkozy, organise à partir de cette semaine son come-back politique. Savamment orchestré, comme il se doit, entre sortie d’un livre, interviews et visites dites de terrain.

  • Premier acte : les bonnes feuilles du Sursaut français

En 18 mois, Jean-François Copé a largement eu le temps de rédiger un ouvrage, qui devrait sortir à la fin du mois. Mais dès le 14 janvier, des extraits de son écrit, Le Sursaut français (ed. Stock), seront publiés dans l’hebdomadaire Valeurs actuelles, ce qui, soit dit en passant, informe sur la ligne politique très "droite décomplexée" qu’adoptera à n’en pas douter le maire de Meaux. Dans son livre, l’ancien président de l’UMP livrera son analyse politique et dessinera l’ébauche d’un programme politique en forme de projet présidentiel. Il reprendra par exemple, selon L’Opinion, son idée de de focaliser, pendant une campagne présidentielle, sur des grandes mesures, mises en place par ordonnance dans les quelques mois suivant l’élection, afin d’aller au plus vite.

Mais Jean-François Copé parlera aussi de lui. Il devrait ainsi faire quelques mea culpa, notamment sur la violente guerre des chefs qui l’a opposé à l’automne 2012 à François Fillon. Il réaffirmera aussi, sans aucun doute, son innocence dans l’affaire des surfacturations de la campagne de Nicolas Sarkozy, dite Bygmalion, à l’origine de son retrait forcé. L’ouvrage devrait être aussi très personnel, presque intime. Car l’idée du député de Seine-et-Marne est de renouer le lien avec les Français.

  • Deuxième acte : s’allonger sur le Divan de Marc-Olivier Fogiel

Sa participation au Divan de Marc-Olivier Fogiel, le 19 janvier prochain sur France 3, entre clairement dans ce cadre. L’émission est propice aux confidences. Même si l’animateur a reconnu dimanche 10 janvier, au lendemain de l’enregistrement de l’émission,  avoir "eu du mal à faire en sorte qu'il craque l'armure". "Il n'a jamais été dans le registre personnel, sauf quand il a fait allusion à la grave maladie de sa mère, au moment de sa démission forcée", a encore révélé Marc-Olivier Fogiel. Même si Jean-François Copé s’est livré à "une forme de mea culpa en reconnaissant qu'il n'aurait peut-être pas dû rester jusqu'au bout" à son poste ou quand il confie que "l'excès de confiance, c'est le pire ennemi qui soit". "Il dit qu'il n'a plus le même rapport aux médias, à la politique. Mais j'ai remarqué une forme de réserve. Il a envie de s'en convaincre", a conclu l’animateur.

  • Troisième acte : du terrain et des interviews

Discret dans les médias pendant un an et demi, Jean-François n’est toutefois pas resté inactif. Il a réactivé son think tank Génération France dès l’automne 2014 et a lancé en mars 2015 un blog (jfcope.fr) qui faisait office de seule parole publique. Surtout, il a arpenté le terrain, "à la rencontre des Français". Le maire de Meaux compte bien poursuivre dans cette voix, mais cette fois, il le fera savoir. Chaque déplacement sera ainsi ponctué d’une interview dans la presse locale. Le 20 janvier par exemple, il se rendra à Lille, et accordera dans le même temps une interview à La Voix du Nord. Ses proches annoncent un tour de France sur le même modèle.

  • La primaire dans le viseur

Ce timing, à 11 mois des primaires de la droite en vue de l’élection présidentielle, ne doit évidemment, rien au hasard. Car Jean-François Copé n’a pas renoncé à y participer. Ses chances sont plus que minces, mais l’idée de torpiller Nicolas Sarkozy, avec qui les relations sont très tendues, le titille. Sa décision, probablement avant ou pendant l’été, dépendra du succès de son come-back. Si la mayonnaise prend, alors il y a de grandes chances que Jean-François Copé en soit. Dans le cas contraire, il mettra le cap sur 2022. Car une chose est sûre : l’ambition de l’ancien président de l’UMP est intacte.