Copé et le tabou du "racisme anti-blanc"

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Copé et le tabou du "racisme anti-blanc"
Jean-François Copé reprend à dessein une expression très controversée, chère à l'extrême droite.
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Le patron de l'UMP entend "briser un tabou" dans son livre "Manifeste pour une droite décomplexée".

LA PHRASE. "Un racisme anti-blanc se développe dans les quartiers de nos villes où des individus - dont certains ont la nationalité française - méprisent des Français qualifiés de ‘gaulois’ au prétexte qu'ils n'ont pas la même religion, la même couleur de peau ou les mêmes origines qu'eux".

Copé bandeau

LE CONTEXTE. Engagé dans la course à la présidence de l’UMP face à François Fillon, Jean-François Copé publie le 3 octobre prochain un livre-programme, "Manifeste pour une droite décomplexée", dont Le Figaro Magazine à paraître vendredi publie des extraits. L’objectif pour l’actuel secrétaire général du parti est de se démarquer de son adversaire, notamment avec des propositions ou des phrases "choc".

LES ARGUMENTS. "Je sais que je brise un tabou en employant le terme de ‘racisme anti-blanc’ mais je le fais à dessein, parce que c'est la vérité que vivent certains de nos concitoyens et que le silence ne fait qu'aggraver les traumatismes", insiste Jean-François Copé dans son livre.

"Ces phénomènes sont impossibles à voir depuis Paris, dans les sphères médiatiques et politiques où la grande majorité des dirigeants sont des Français blancs de peau, nés de parents français. Dans ces microcosmes, le manque de diversité limite la présence de personnes de couleur ou d'origine étrangère", écrit encore le député-maire de Meaux. Et d'ajouter: "Mais regardons la liberté en face: la situation est inversée dans beaucoup de quartiers de nos banlieues".

LES AUTRES POINTS. Jean-François Copé plaide aussi pour la création d’un examen avant l’entrée en 6e. "A la fin du CM2, une "validation des savoirs fondamentaux" doit permettre de vérifier que tous les élèves qui passent en 6e savent lire, écrire, compter" indique le secrétaire général de l’UMP. Jean-François Copé avait déjà émis cette proposition, en octobre 2010, dans un entretien au Parisien.

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Enfin, le secrétaire général de l’UMP revient sur l’influence de Jacques Chirac et de Nicolas Sarkozy sur sa propre carrière. Celui qui aujourd’hui multiplie les révérences à l’égard de l’ancien président, reconnaît qu’il a cherché un moment à se démarquer de lui. "On a beau vouloir tuer le père, on finit toujours par hériter un peu de lui… Au cœur de la tourmente, Nicolas Sarkozy nous a en effet livré une vraie leçon de vie", confie Jean-François Copé. Saluant la "solidité" de Jacques Chirac comme de Nicolas Sarkozy, le secrétaire général de l’UMP assure avoir appris des deux hommes à "donner de soi". "Ils m’ont appris à me méfier de celui qui vacille à la moindre rafale et qui recule dès qu’avance l’adversaire".