Congrès : les socialistes dans les starting-blocks

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Congrès : les socialistes dans les starting-blocks
@ JEAN-PIERRE MULLER / AFP
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Le PS se réunit samedi pour enregistrer les différentes motions en vue du congrès de Poitiers de juin prochain.

L'INFO. Le 77e congrès du Parti socialiste aura lieu du 5 au 7 juin prochain, à Poitiers. Il donne déjà des sueurs froides à François Hollande, qui craint que ce grand raout socialiste ne vire au débat manichéen sur sa politique économique. Ce qui explique les quelques concessions des derniers jours sur l'investissement privé, censées empêcher Martine Aubry de se lancer dans la course. La maire de Lille, comme l'avait révélé Europe 1, s'est finalement laissée séduire et ne signera pas de motion personnelle. Elle fera motion commune avec le premier secrétaire du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis. "Je préfère être dedans pour me battre à l'intérieur", a-t-elle dit vendredi soir. Ce qui est un énorme soulagement pour l'exécutif.

D'ici samedi midi, chacun devra avoir choisi son camp. Le Parti socialiste se réunit en effet en Conseil national - son "parlement" -, pour enregistrer les différentes "motions", ces textes programmatiques qui font de leur premier signataire un candidat au poste de premier secrétaire du PS. Depuis des semaines, les tractations vont bon train entre les différentes (et multiples) sensibilités du parti de la rose. Une tradition "socialio-socialiste".

En quête de légitimité. Jean-Christophe Cambadélis est le maitre d'œuvre de ces négociations. Candidat à sa succession, le député de Paris essaiera, cette fois, de recevoir l'onction des militants : il a en effet été élu patron du PS en avril 2014 par le parlement du parti, à la faveur de l'exfiltration de son prédécesseur Harlem Désir vers le gouvernement après la déroute des municipales. Depuis, il subit des critiques en légitimité de l'aile gauche du parti, qui lui reproche notamment sa trop grande proximité avec l'exécutif.

C'est d'ailleurs l'ensemble des soutiens à la politique du gouvernement que Jean-Christophe Cambadélis, ex-trotskyste, espère rassembler dans sa motion. Lors du dépôt en février d'une "contribution", sorte de texte préparatoire à une motion, il avait reçu le soutien de 270 parlementaires dont Claude Bartolone et Jean-Marc Ayrault. La signature de Manuel Valls est également attendue. Et celle de Martine Aubry fortement espérée.

Aubry a tranché. La maire de Lille a annoncé son choix vendredi soir, après une réunion avec tous ses soutiens : "Je préfère être dedans pour me battre à l'intérieur", a dit la socialiste lors d'une conférence de presse à l'Assemblée nationale, à quelques heures de l'heure limite pour le dépôt des motions."Il s'agit d'une motion préparée en commun, personne ne s'est rallié à l'autre, personne n'est passé sous le lit", a-t-elle lancé. "Le fond a primé et nous avons réussi à nous rassembler sur quelque chose qui répond surtout à l'attente des Français".

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Les frondeurs, qui rêvaient faire de Martine Aubry leur porte-drapeau, en sont donc quitte pour se trouver un nouveau champion. Ce sera Christian Paul, comme l'a révélé Europe 1 mercredi dernier. Le député de la Nièvre (photo),  proche de… Martine Aubry, sera le représentant de tous les courants de l'aile gauche du parti, qui ont réussi à se mettre d'accord sur une candidature commune. Objectif : réaliser le meilleur score possible pour forcer le gouvernement à des "inflexions fortes pour essayer de sauver le quinquennat".

Verdict le 28 mai. Autant dire qu'à l'Elysée, François Hollande - maître ès jeux d'appareil du PS -, suit cette lutte intestine avec le plus grand intérêt. Car si d'autres motions, de moindre importance, seront probablement déposées (Karine Berger, déposera sa propre motion, "La Fabrique", dite des "non-alignés", et une motion "militante", déposée par une secrétaire nationale, Florence Augier, est attendue), c'est bien un duel qui s'annonce : pros contre antis-Hollande.  Les militants en seront les arbitres. Le 21 mai, ils voteront pour les motions. Puis le 28 mai, ils départageront les premiers signataires des deux textes arrivées en tête. La nomination du gagnant sera entérinée à Poitiers. Le temps va paraître long au président.

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