Comment Pellerin veut esquiver le conflit avec les artistes

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En réponse aux artistes inquiets des coupes budgétaires, la ministre renvoie la balle vers les mairies.

L'INFO. Les artistes sont inquiets. Mercredi, ils ont même lancé un appel à Fleur Pellerin, à l'initiative de la comédienne Clotilde Hesme, pour dénoncer l’effritement du réseau culturel français. Selon eux, bien que des coupes budgétaires ait été lancées un peu partout, c'est bien la culture qui trinque. Sauf que pour la ministre, la faute en revient aux municipalités et non au gouvernement.

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Martine Aubry, un exemple. Fleur Pellerin refuse d’assumer seule la colère des artistes. En petit comité, elle défend son gouvernement qui, assure-t-elle, a malgré tout préservé le budget de la culture pour les trois années à venir. Sa conclusion : ce sont auprès des collectivités locales que les artistes devraient se plaindre. "En Seine-Saint-Denis, le deuxième poste de dépense par habitant, c’est la culture", argumente-t-elle, citant en plus un département qui ne roule pas sur l'or. Et de prendre ensuite l'exemple de Lille, où Martine Aubry a également fait le choix de mettre les moyens.

Les villes FN, le contre-exemple. Fleur Pellerin, fine politique, a aussi des contre-exemples : les municipalités conquises par le Front national, où la culture est loin d'être une priorité, bien au contraire. Comme à Cogolin, dans le Var, où Marc-Etienne Lansade, le maire frontiste, s'est opposé à un spectacle de danse orientale. Son collègue d'Hayange, Fabien Engelmann, en avait fait de même un peu avant, arguant que "la danse orientale est incompatible avec le Front national". 

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L'Etat pour s'engager. La ministre de la Culture envoie donc un double message. D'abord aux artistes : "ne vous trompez pas d’interlocuteur". Ensuite aux Français : "voyez les conséquences sur la politique culturelle d’un vote extrême droite". Et histoire de rassurer un peu les artistes qui ont besoin de visibilité, elle réfléchit en ce moment à un pacte qui serait signé entre l’Etat et les collectivités pour qu’elles s’engagent sur des politiques culturelles sur plusieurs années. Avec l’idée que l’Etat mette la main à la poche pour aider en priorité les villes qui font un effort sur la culture.