Comment l’UMP veut politiser les écoutes de Sarkozy

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Comment l’UMP veut politiser les écoutes de Sarkozy
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DÉCRYPTAGE - L’opposition demande à François Hollande de s’exprimer. Mais pas seulement.

L’INFO. "A l'UMP, on veut toujours que les politiques se mêlent des affaires judiciaires, ce n'est pas notre conception". Ainsi parle Jean-Marc Ayrault, qui n’a que très modérément apprécié l’attitude de l’opposition, qui s’interroge sur le rôle de l’exécutif dans les écoutes visant Nicolas Sarkozy. Une contre-attaque en bonne et due forme de la droite, qui veut transformer cette affaire judiciaire en affaire politique. 

Deux propositions qui n’aboutiront pas. Commission d’enquête pour les uns, convocation extraordinaire du Parlement pour les autres, la stratégie de l’opposition est claire : déplacer l’affaire du terrain judiciaire au terrain politique. Pour la première requête, exprimée par François Fillon, les chances d’aboutir sont faibles,  car une commission d’enquête parlementaire ne peut être créée que si les faits ne sont pas déjà concernés par des poursuites judiciaires, ce qui est précisément le cas ici.

Quant à la convocation extraordinaire du Parlement réclamée par Christian Jacob, elle fait sourire jusque dans les rangs de l’UMP puisque les écoutes concernées sont d’ordres judiciaires et non administratifs. Et les parlementaires n'ont donc pas à s'en saisir.

Hollande maintient ne pas avoir été au courant. En revanche, le troisième angle d’attaque de l’opposition, qui consiste à s’interroger sur les ministres au courant de cette affaire, sonne juste. La nouvelle édition du Canard enchaîné assure en effet que Christiane Taubira et Manuel Valls, malgré leurs dénégations, étaient bien au courant de la procédure et de son contenu.

Du côté de l’Elysée, on se refuse à tout commentaire, mais dans l’entourage du président, on assure que François Hollande n’était pas au courant. L’un de ses proches résume ainsi l’état d’esprit du chef de l’Etat : "l’indépendance de la justice doit être respectée, même en prenant le risque de paraître naïf".

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