Comment l’exécutif veut calmer les écolos

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Comment l’exécutif veut calmer les écolos
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COULISSES - Ayrault va les recevoir pour les rassurer sur la fiscalité écologique. Car la colère gronde.

Le contexte. Les écologistes le réclament depuis des mois : il faut augmenter les taxes sur le diesel. Mercredi, le cafouillage gouvernemental sur ce sujet, initié par Philippe Martin, ministre de l’Ecologie, a semé le trouble au sein des écolos, qui rappellent un peu partout que le diesel est un carburant hautement dangereux pour la santé, avec plusieurs dizaines de milliers de morts prématurées chaque année. "On ne peut pas laisser se rejouer le drame de l'amiante", lâche dans Libération le ministre du Développement, Pascal Canfin. Un nouveau drame gouvernemental en perspective.

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Déçus mais pas surpris. Des couleuvres, les écologistes en ont déjà avalé un bon paquet depuis le début du mandat de François Hollande. Mais cette fois, ils s’y attendaient. La semaine dernière, ils étaient en effet  ressortis déçus de leur entretien avec Jean-Marc Ayrault. "Il ne nous l'a pas dit comme ça, mais on sentait que la hausse des taxes sur le gazole s'éloignait", raconte même un participant. Des ministres l’assurent également, micros éteints : pas question de toucher au gazole cette année, alors que les Français ont déjà payé une facture énergétique alourdie de deux milliards d'euros pour cause d'hiver interminable. Invité jeudi matin d'Europe 1, Arnaud Montebourg, lui, a éludé : "on en parlera le moment venu avec des gens qui sont compétents pour ça".

24.09 Pascal Durand, tout récent secrétaire général EELV. 930620

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"Des signaux très négatifs". Pascal Durand (photo), patron d’Europe Ecologie - les Verts, a d’ores et déjà prévenu : la taxe diesel est "un marqueur" pour sa famille politique, qui se souvient qu’avant l’été, François Hollande s'était engagé à verdir la fiscalité. La déception pousse même certains à s’interroger sur l’opportunité de voter un tel budget. "Nous ne pouvons pas voter un budget qui ne prend pas des engagements clairs vers la transition écologique. On va regarder le budget dans son ensemble, mais c’est vrai que les signaux qui sont donnés là sont très négatifs", a ainsi prévenu sur Europe 1 Barbara Pompili, coprésidente du groupe écologiste à l'Assemblée nationale. Or, François Hollande a prévenu : voter le budget est la condition sine qua none à un maintien des ministres EELV au sein de la coalition gouvernementale.

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François de Rugy député vert 930.620

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"Les discussions seront fortes et très rugueuses". Pour éviter une nouvelle crise, et une hypothétique sortie des écologistes du gouvernement, Jean-Marc Ayrault va les recevoir mardi prochain. "Le Premier ministre nous a dit qu’il était ouvert à la discussion. A lui et à son ministre de l’Economie de le démontrer. Les discussions seront fortes et très rugueuses", anticipe déjà François de Rugy (photo), coprésident du groupe écolo à l’Assemblée nationale, sur Europe 1. Le Premier ministre pourrait leur annoncer un verdissement de son projet, par exemple en généralisant la TVA à 5% pour les travaux de rénovation thermique, limité pour l'instant  au logement social. Et François Hollande a encore une carte dans sa manche : les annonces sur la taxe carbone, qu’il dévoilera en fin de semaine prochaine à l'occasion de la conférence environnementale. Mais dans tous les cas, les écolos devront se contenter d’un verdissement a minima. "Le grand soir" de l’écologie devra encore patienter.