Comment l'Etat gère l'affaire Tapie

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Comment l'Etat gère l'affaire Tapie
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ZOOM - L’Etat va se porter partie civile. Et "personne n’est intouchable".

Contexte. Deuxième jour de garde à vue pour Stéphane Richard dans l’affaire Tapie. Le patron d’Orange et ancien directeur de cabinet de Christine Lagarde est toujours entendu dans les locaux de la brigade financière. Les enquêteurs cherchent à savoir quel rôle a eu Bercy, en 2007, dans la décision de recourir à un arbitrage en faveur de l’homme d’affaires. L’Etat, lui, devrait se porter partie civile dans les prochaines heures.

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© REUTERS

"Personne n’est intouchable". Vu de Élysée, le principe est simple : la justice doit suivre son cours. Il n’y aura donc aucune intervention du pouvoir politique. L’avenir de Stéphane Richard (photo) dépendra uniquement des éventuelles suites judiciaires. "Il faut allez jusqu’au bout", a confié François Hollande a des proches. Il n’est pas question de faire du patron d’Orange le bouc-émissaire de service. Mais pas question non plus de le protéger. Un proche du président le dit sans langue de bois : "personne n’est intouchable et l’étape Stéphane Richard est indispensable pour taper plus haut, pour mettre en cause les véritables responsables". Sous entendu, la majorité précédente… Les prochains à être entendu par la justice pourraient d’ailleurs être de très proches collaborateurs de Nicolas Sarkozy….et peut-être dès la semaine prochaine

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Le dilemme du président. François Hollande l’a martelé, et Pierre Moscovici, le successeur de Christine Lagarde à Bercy, l’a suivi. Dans cette affaire Tapie, "l'Etat défendra toujours ses intérêts". Le président lui-même a demandé à son ministre de l’économie de presser le mouvement. Message reçu à Bercy, qui a engagé trois actions judiciaires et pas moins de six avocats sont déjà désignés pour défendre les intérêts de l’Etat. Pourquoi une telle accélération ? Parce que l’Elysée veut pouvoir engager la procédure de recours sur l’arbitrage avant le 7 juillet prochain; date du cinquième anniversaire de la sentence d’arbitrage favorable à Bernard Tapie. 

Mais le chef de l'Etat doit jouer les équilibristes sur ce sujet sensible. Il ne doit en effet pas paraître comme complaisant à l’égard de Bernard Tapie, au risque de laisser penser qu’il veut enterrer l’affaire. Il doit donc laisser l’enquête sur le dossier Tapie aller jusqu’au bout, tout en tentant, si possible, de sauver le soldat Lagarde. Car il n’est pas question qu’un deuxième Français démissionne de la tête du FMI pour cause de tourmente judicaire. Il en va de la crédibilité de la France sur la scène internationale.