Comment Hollande gère le dossier syrien

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Comment Hollande gère le dossier syrien
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ZOOM - Le président doit convaincre les autres pays et sa propre opinion qu’il faut frapper Damas.

Contexte. Comme prévu, la Syrie s'est  invitée au menu du G.20. C'était même, jeudi soir, le plat principal du dîner entre dirigeants, à Saint-Pétersbourg. Un repas qui s‘est étiré jusqu’à 1h du matin, mais sans avancées notables, si ce n’est une condamnation de l'utilisation des armes chimiques. Barack Obama et François Hollande ont pourtant multiplié les entretiens, mais sans résultat pour le moment. Ils se retrouveront de nouveau vendredi. Côté français, on affiche sa détermination.

"C’est à nous de construire l’opinion". Le président français n’a pas l’intention de reculer sur le dossier syrien. C’est le message constant qu’il fait passer depuis dix jours. "Si nous avions fait des sondages avant l’intervention au Mali, les Français ne l’auraient pas soutenu", affirme François Hollande, qui ajoute : "c’est à nous de convaincre, de construire l’opinion". Les preuves transmises aux parlementaires vont dans ce sens. Mais il reste du travail. Paris veut utiliser le report des frappes consécutif à la décision de Barack Obama de solliciter l’avis de son Congrès - qu’il n’avait pas prévu - pour lancer une grande campagne d’opinion en faveur d’une sanction de Damas.

Hollande tacle Sarkozy. La droite reste, pour le moment, largement insensible aux efforts de séduction de l’exécutif, à l’exception de Frédéric Lefebvre, ancien porte-parole de Nicolas Sarkozy, qui "soutient Hollande à 100% sur la Syrie". Un maigre soutien. "C’est quand même assez paradoxal de la part de la droite", regrette François Hollande. "Quand on pense que certains nous disaient : ‘mais qu’est-ce que vous faites ?...", a poursuivi le président, allusion implicite au message de Nicolas Sarkozy, durant l’été 2012, fustigeant la passivité de son successeur.

Hollande va prévenir les Français. Quant aux accusations d’être à la remorque des Américains, l’Elysée rappelle que c’est la France qui, la première, a parlé d’attaque chimique. Même isolé, Paris est donc toujours convaincu de la nécessité de frapper Damas, pas seulement pour punir mais aussi pour contraindre le régime à négocier. "On ne va pas serrer spontanément la main de quelqu’un qui vous a gazé", décrypte un diplomate. François Hollande a par ailleurs confirmé qu’il informerait les Français avant toute offensive sur la nature des interventions : des attaques ciblées sur des sites stratégiques, et limitées dans le temps.