07/09/2017 - 09h51

Comment En Marche ! s'est professionnalisé après ses ratés à l'Assemblée

© CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP

Interventions à côté de la plaque, bourdes à répétition, des élus perdus dans les méandres du règlement... les députés de la majorité, pour la plupart novices en politique, ont donné l'image d'une assemblée balbutiante à l'occasion de la session extraordinaire au début de l'été. De quoi provoquer, à plusieurs reprises, l'ire d'une opposition plus rodée. "Vraiment, ça devient pénible", avait notamment grondé le communiste André Chassaigne face à une présidence de séance qu'il estimait "incompréhensible". Philippe Gosselin, député Les Républicains, s'était aussi indigné de son côté : "Ici on n'est pas dans une phase d'apprentissage on fabrique la loi."

Des cours de média training. Une phase d'apprentissage qu'En Marche! entend bien faire oublier. Un mois plus tard, le parti présidentiel affirme avoir resserré les boulons. Certains députés de la majorité ont pris cet été des cours particuliers de média training : posture, diction, entraînements face caméra, etc. "Il faut gommer certains défauts et surtout leur redonner confiance en eux", explique auprès d'Europe 1 l'un des coaches qui travaillent avec les élus de la majorité.

Un groupe de députés chargés d'assurer la vitrine de la majorité. Sur le fond, En marche! a également mis en place une nouvelle répartition des rôles ; chaque député hérite ainsi de dossiers spécifiques, comme le budget ou la lutte contre le terrorisme. "L'idée, c'est de mettre en avant les gens qui ont des choses précises à dire sur les sujets. On assume d'organiser le groupe pour que les prises de paroles soient efficaces", justifie Stanislas Guérini porte-parole du groupe. Ainsi, seuls ces petits groupes de spécialistes, formé des députés les plus aguerris, pourront s'exprimer dans les médias. "On muscle notre jeu et on évite les flottements", résume un élu.

Un ancien journaliste comme dir com'. Enfin, c'est aussi toute l'architecture du groupe à l'assemblée qui a été consolidée. L'organigramme a été affiné, avec le recrutement au total d'une quarantaine de collaborateurs pour faire tourner la machine. Et puis une dernière arrivée inattendue : un nouveau directeur de la communication, Christophe Malbranque, ancien journaliste de TF1, notamment commentateur des Grand Prix de Formule 1, qui rejoint ainsi la liste déjà longue des journalistes ayant fait la bascule entre médias et politique. Et pour voir si tous ces ajustements vont s'avérer efficace, il va encore falloir attendre la rentrée parlementaire le 25 septembre.