Clash à l’UMP sur les minarets

  • A
  • A
Clash à l’UMP sur les minarets
Partagez sur :

Réagissant à des propos de Pascal Clément, Nora Berra a quitté une réunion de l'UMP mardi. La polémique agite depuis la majorité.

"Le jour où il y aura autant de minarets que de cathédrales en France, ça ne sera plus la France." Cette déclaration de Pascal Clément, ancien ministre de la Justice, mardi lors de la réunion du groupe UMP à l’Assemblée, a provoqué la colère de Nora Berra, la secrétaire d’Etat aux Aînés, qui s’est immédiatement levée et a claqué la porte.

Retour sur les faits : les élus de la majorité s’étaient réunis pour débattre du port du voile intégral en France. C’est au milieu des discussions que Pascal Clément a évoqué la question des minarets et lâché sa phrase. Des propos confirmés par plusieurs témoins, dont les ministres Nathalie Kosciusko-Morizet et Martin Hirsch. "Qu'un ancien garde des Sceaux tienne ces propos anti-laïcs dans une enceinte symbole de la République comme l'Assemblée nationale, c'est insupportable ! C'est ça la démocratie ?", s’est alors insurgée, selon son entourage, Nora Berra en quittant la salle Colbert.

Pour calmer les esprits, Jean-François Copé, président du groupe UMP dans l’hémicycle, est intervenu déclarant que les propos de Pascal Clément n'avaient "rien à voir avec le débat sur la burqa" et il a invité ses collègues à "ne pas faire d'amalgames".

Selon des députés UMP, c'est la première fois depuis 2007 qu'un membre du gouvernement claque la porte de la réunion du groupe. Et la polémique ne s'est pas arrêtée là.

Sur Europe 1 mercredi matin, Nora Berra s'est défendue, expliquant qu'elle avait voulu donner "un signal fort". Pascal Clément, lui, a soutenu qu'il n'avait pas tenu les propos que la secrétaire d'Etat lui impute. Il a même affirmé sur RMC qu'elle les avait "inventés". "Chercher la publicité sur le dos d'un ami politique n'est pas la meilleure méthode pour gagner les élections", a attaqué Pascal Clément. "Ça n’engage que lui, je ne suis pas ce genre de femme, je suis nommée pour faire un travail", a rétorqué mercredi Nora Berra sur Europe 1.

Luc Chatel, le porte-parole du gouvernement, a affirmé quant à lui qu’il n'avait "pas entendu les propos" de Pascal Clément et qu’il n’avait "pas vu non plus ma collègue Nora Berra quitter la réunion". Sur Europe 1, Christian Estrosi a commenté mardi soir : "on ne quitte pas la réunion du groupe UMP parce que le débat ça se fait entre nous. Dire ma part de vérité à Pascal Clément, c'est ce que j'aurais fait".

> Nora Berra voulait donner un "signal fort"