Christine Lagarde coupable mais dispensée de peine : "les citoyens ne sont pas égaux devant la justice", estime François Bayrou

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Pour François Bayrou, président du MoDem, la dispense de peine de Christine Lagarde dans l'arbitrage de l'affaire Tapie prouve qu'il y a aujourd'hui une justice à deux vitesses.

INTERVIEW

Christine Lagarde a été reconnue coupable de "négligence" dans l'affaire Tapie-Crédit Lyonnais, lundi, par la Cour de Justice de la République (CJR). Si le fait d'opter en 2007 pour une procédure d'arbitrage privée ne lui a pas été reproché, celui de ne pas déclencher de recours contre la première sentence en 2008 a, lui, été condamné par la CJR. En revanche, cette dernière a dispensé l'ancienne ministre de peine. Sa condamnation ne sera pas non plus inscrite à son casier judiciaire. Et c'est bien cela qui irrite François Bayrou.

Une justice à géométrie variable. Pour le président du MoDem, invité lundi sur Europe 1, "on sait de manière certaine qu'il s'agissait d'une escroquerie en bande organisée, organisée au cœur de l'État par les responsables de l'État". "Madame Lagarde, qui était ministre de l'Économie, a été reconnue coupable de négligence", poursuit-il. "Négligence qui a coûté 400 millions d'euros au ministère public." Mais l'absence de peine montre selon lui que "les justiciables ne sont pas égaux devant la justice". "On n'a pas voulu porter atteinte à la réputation internationale de Madame Lagarde. Je me mets à la place de tous ceux qui nous écoutent quand ils ont des ennuis judiciaires. [Pour] eux, il n'y a pas ce même type d'indulgence."

Supprimer la CJR. En outre, François Bayrou anticipe que désormais, "quand il sera définitivement établi que des scandales de cet ordre sont prouvés, il n'y aura pas de sanction". "On est devant des procédures, des institutions, des juridictions qui ne sont pas démocratiques. D'un côté, la reconnaissance d'une culpabilité. De l'autre, pas de sanction. Comment voulez-vous que les citoyens s'y retrouvent ?". Pour lui, il est donc nécessaire de "supprimer" la CJR. "François Hollande [s'y] était engagé", rappelle-t-il. De fait, la suppression de cette instance figurait dans les promesses du candidat en 2012.