Chirac renvoyé en correctionnelle

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Chirac renvoyé en correctionnelle
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Cette procédure concerne "les emplois fictifs" de la mairie de Paris au bénéfice du RPR.

Le juge d'instruction Jacques Gazeaux a signifié lundi son renvoi en correctionnelle à Jacques Chirac. Contre l'avis du parquet de Nanterre qui avait pourtant requis un non-lieu, le juge a décidé que l'ancien président devait être jugé dans le cadre de l'affaire des emplois présumés de complaisance à la Ville de Paris au bénéfice du RPR.

Dans ce volet instruit à Nanterre, Jacques Chirac avait été mis en examen en décembre 2009 en sa qualité de président du RPR, pour "prise illégale d'intérêts" pour sept emplois présumés fictifs à la mairie de Paris. Ces emplois avaient été confiés, d'octobre 1990 à novembre 1994, à des permanents du RPR, qui auraient donc travaillé exclusivement pour le RPR, l’ancêtre de l’UMP.

En octobre dernier, le parquet avait requis un non-lieu en faveur de l'ancien maire de Paris. Une décision qui avait été dénoncée par le syndicat de la magistrature. Les magistrats s’interrogeaient notamment sur les relations privées qu’entretiennent le procureur de Nanterre et l’ancien président de la République.

Chirac a toujours nié les faits

Pour sa part, l'ancien président a toujours nié avoir eu connaissance d'une quelconque rémunération de complaisance de permanents du RPR.

Plusieurs condamnations avaient été prononcées en 2004 dans cette affaire, notamment à l'encontre de l'ancien premier ministre Alain Juppé, qui cumulait les fonctions de secrétaire général du RPR et adjoint aux Finances lorsque Jacques Chirac était maire de Paris (1977-1995). Le cas de Jacques Chirac avait alors été disjoint dans l'attente de la fin de son mandat présidentiel.

Deux dossiers, mais un seul procès

Ce dossier pourrait être joint à la procédure parisienne qui sera jugée au printemps. Jacques Chirac a, en effet, déjà été renvoyé en procès dans le volet "mairie de Paris" de cette affaire, où il est accusé de "détournements de fonds publics" et "d'abus de confiance".

Le procès doit se tenir devant le tribunal correctionnel de Paris du 7 mars au 8 avril. Cette affaire, qui implique neuf autres prévenus, porte sur 21 emplois présumés de complaisance, rétribués sur fonds publics entre octobre 1992 et mai 1995.

Reste que durant le procès, l’accusation aura fort à faire. Aux non-lieux requis par le parquet, viendra s’ajouter l’absence de partie civile, la mairie de Paris ayant signé la semaine dernière un accord avec les avocats de Jacques Chirac et l’UMP pour se retirer du dossier.