Chirac : "Je ne demande ni clémence, ni indulgence"

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Chirac : "Je ne demande ni clémence, ni indulgence"
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EXCLUSIF - Jacques Chirac, renvoyé en correctionnelle dans l’affaire des emplois fictifs présumés de la mairie de Paris, s’explique pour la première fois, sur Europe 1.

"La juge, Mme Simeoni, a estimé devoir me renvoyer devant le tribunal correctionnel. J’ai simplement pris acte de sa décision. Même si naturellement je conteste son analyse", a déclaré Jacques Chirac, jeudi sur Europe 1, au sujet de son renvoi en correctionnelle dans l’affaire des emplois fictifs présumés de la mairie de Paris.

"Je ne suis pas quelqu’un qui baisse facilement les bras", a aussi assuré l'ancien maire de Paris, avant d’ajouter : "Etant attaqué, je réagis d’autant plus vivement. Je réagis quand on me cherche effectivement." "J’irai donc tout naturellement, comme tout citoyen a le devoir de le faire, m’expliquer devant le tribunal, et ceci croyez-le bien avec sérénité et détermination car je n’ai rien à me reprocher", a-t-il ajouté.

Découvrez un extrait de l'interview de Jacques Chirac par Jean-Pierre Elkabbach :

Jacques Chirac a exclu de se faire représenter par son avocat à l’audience, comme cela avait un temps été évoqué par Me Veil, son défenseur. "J’irai naturellement moi-même devant le tribunal, bien sûr", a indiqué l'ancien président de la République. "La seule chose qui compte, c’est la justice. Je ne demande ni clémence, ni indulgence, ce qui serait tout à fait hors de question et de propos s’agissant de la justice de mon pays", a poursuivi Jacques Chirac.

Sur le fond de l’affaire, Jacques Chirac a assuré qu’il assumait "toute la responsabilité" des recrutements de la mairie de Paris. "Quand je suis devenu maire de Paris, a-t-il ainsi argumenté, j’ai dû m’entourer nécessairement de collaborateurs pour mon action au service des Parisiens. Je vous rappelle que j’ai été le premier maire de Paris. Le préfet - qui assumait les fonctions de responsable de la ville de Paris - est parti avec tous ses collaborateurs. Je suis arrivé tout seul. Etant tout seul, je n’allais pas assumer la totalité des fonctions de ce qui était auparavant un cabinet. Aujourd'hui, on me reproche d'avoir recruté des personnes qui n'auraient pas eu de liens avec l'action municipale. Je conteste formellement cette affirmation".

"Ces emplois avaient tous une raison d’être pour la ville et pour le maire de Paris, a ainsi certifié l'ancien résident de l'Hôtel de ville. Même les 21, naturellement, et je suis fier de mon action au service des Parisiennes et des Parisiens. Ce qui compte, c’est le jugement des Parisiens, plus que celui des exégètes après-coup et les Parisiens m’ont accordé leur confiance pendant 18 ans et j’en suis tout à fait fier et rien ne me fera oublier cela", s’est encore indigné Jacques Chirac.

Dans ce dossier, le procureur de Paris, qui avait requis un non-lieu début septembre, a finalement décidé de ne pas faire appel de ce renvoi en correctionnelle. Une possibilité que Jacques Chirac avait écartée de toute façon. "Je souhaite que personne ne fasse un appel quelconque", a expliqué l’ancien chef de l’Etat. "Je suis prêt à m’expliquer devant la justice de mon pays, c’est tout à fait naturel, comme tout citoyen", a insisté l’homme politique, aujourd’hui âgé de 76 ans. Avant d’ajouter : "Et que le procès tarde le moins possible, autant que c’est possible avec la justice".

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