Chevènement, le retour tranquille

  • A
  • A
Chevènement, le retour tranquille
Jean@ REUTERS
Partagez sur :

Le président du MRC parle d’une "candidature inéluctable" pour 2012. Le PS reste serein.

Le scénario rappelle à la gauche de mauvais souvenirs. Jean-Pierre Chevènement a franchi mercredi un grand pas vers une candidature en 2012, indépendamment du PS. Le Mouvement républicain et citoyen (MRC) a adressé à 600 élus locaux une lettre pour parrainer l’ancien ministre de l’Intérieur dans la perspective de l’élection présidentielle.

"L’absence d’offre alternative"

"Je vous sollicite pour un engagement de parrainage en faveur de Jean-Pierre Chevènement afin de lui permettre d'être candidat, de présenter son projet pour sortir la France de l'impasse", écrit le dirigeant du MRC Jean-Luc Laurent, dans un courrier de deux pages daté du 14 avril, dont Le Parisien révèle mercredi quelques extraits.

Quelques heures plus tard, le principal intéressé a confirmé ses ambitions. "Je trouve qu’en l’absence d’offre alternative, la nécessité d’une candidature apparaît de plus en plus comme une nécessité inéluctable", a-t-il lancé dans une interview à Public Sénat. Une sorte de mise en garde au PS, comme il l’avait déjà fait en 2007, avant de se retirer après avoir trouvé un accord avec son ancienne famille politique.

"La phase des préliminaires"

Rue de Solférino, la candidature de Jean-Pierre Chevènement ne semble pas faire trembler beaucoup de socialistes. "On en est à la phase des préliminaires. Mais les choses évolueront lorsque DSK reviendra", a assuré Gérard Collomb, fidèle soutien du patron du FMI, joint par Europe1.fr. "Beaucoup de gens se pré-positionnement mais ils pourront trouver un accord avec la gauche socialiste", pense-t-il.

En 2002 en tout cas, Jean-Pierre Chevènement était allé au bout de sa démarche, privant la gauche du second tour au profit de Marine Le Pen. Un traumatisme que le PS n’a pas oublié. "Jean-Pierre Chevènement a comme nous des souvenirs cuisants de la candidature qui a fait perdre la gauche", prévient Gérard Collomb.

Un accord avec le PS ?

"J’ai de la sympathie pour lui et je lui préconiserai d’aller au bout dans la défense de nos idéaux communs", suggère encore le maire de Lyon. Même conseil de François Lamy, bras droit de Martine Aubry :"le PS a toujours proposé au MRC et à Jean-Pierre Chevènement de participer à notre primaire. On va en discuter", a-t-il assuré au JDD.fr.

Une alliance que Jean-Pierre Chevènement n’exclut pas non plus : "si l'un des candidats socialistes bouge et fait entendre une différence sur le problème de l'euro, sur la perspective de l'Europe, qui aille dans le sens que nous prônons, à ce moment-là la porte sera ouverte pour une discussion", concède-t-il.

Et si une alliance ne s’avérait pas possible, le risque d’un 21 avril ne semble pas vraiment freiner les ardeurs du président du MRC. "Je pense que les Français ont droit au débat", a-t-il argué sur Public Sénat. Et d’ajouter : "s’il y avait eu encore plus de candidats (en 2002, ndlr) ça aurait été mieux. Il y en avait 16, c’était beaucoup, mais s’il y en avait 40 ça aurait été encore mieux !".