Chérèque : un président "hors sol"

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Chérèque : un président "hors sol"
@ Europe 1
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François Chérèque a noté l’absence des jeunes et des chômeurs dans l’intervention du président.

François Chérèque a vu un président de la République "hors sol" lundi soir sur France 2. "Il a été sourd aux problèmes des Français et aux injustices qui existent dans notre pays", a regretté le leader de la CFDT mardi matin sur Europe 1. "Il a eu de la compassion Pour Eric Woerth, madame Bettencourt et ses amis qui paient trop d’impôts, Thierry Henry et ses états d’âme, les médecins libéraux. Mais il n’a pas parlé des problèmes des gens, n’a rien dit sur les chômeurs, pas un mot sur la situation des jeunes ou la celle des femmes qui vont travailler jusqu’à 67 ans", a-t-il dénoncé.

Le syndicaliste a vu un "chantage insupportable" quand Nicolas Sarkozy a défendu le bouclier fiscal en demandant "si en France, on n'a plus personne pour investir, on fait comment ?" François Chérèque a noté que Liliane Bettencourt acquittait un impôt sur le revenu de l’ordre de 20% des ses revenus, soit "moins que la classe moyenne". Il regrette les "ristournes énormes aux plus riches" alors que les familles vont devoir choisir ente l’APL et la demi part fiscale pour loger les étudiants.

La réforme des retraites

"Arrêtons de penser qu’il y a des débats", a regretté François Chérèque au sujet de la réforme des retraites. Pour lui, le gouvernement a déjà tranché et c’est auprès des parlementaires qu’il compte agir pour modifier le projet à l’Assemblée nationale. "On va aller voir les députés les yeux dans les yeux dans leurs circonscriptions. […] Il va falloir qu’ils justifient devant leurs électeurs pourquoi ils font une réforme injuste", a-t-il expliqué.

Au sujet de l’inflexion de Nicolas Sarkozy face à la rue, François Chérèque a jugé que "tout le monde dit qu’on ne lâchera pas", citant Alain Juppé sur les retraites en 1995 ou Dominique de Villepin sur le CPE en 2006. "C’est le discours politique".

Le patron de la CFDT a rappelé sa position sur les retraites. Il ne veut pas toucher à l’âge légal de départ fixé à 60 ans mais jouer sur la durée de cotisation en prenant en compte la pénibilité. Il veut faire contribuer les plus riches via une nouvelle tranche d’imposition. Il réclame aussi une fusion des différents systèmes.