Ceux qui osent le mot "rigueur"

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Ceux qui osent le mot "rigueur"
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Juppé, Copé… Même à droite, certains politiques lâchent ce mot, que le gouvernement esquive.

Il y a ceux pour qui le mot est presque péjoratif. François Fillon vendredi face à la presse ; Henri Guaino dans les colonnes du Figaro ; Valérie Pécresse sur Europe 1 : tous s’emploient à rassurer et jurent que le "gel des dépenses" de l’Etat, n’est pas un plan de "rigueur".

L’opposition en revanche s’en donne à cœur joie et n’esquive pas le terme pour définir cette politique de lutte contre les déficits et évoque même un retour à la case "austérité".

Juppé, le premier à en parler

A droite également, certains membres assument cette "rigueur", dont le gouvernement se refuse à prononcer le nom.

Alain Juppé en fait partie. "Et si nous arrêtions nos circonlocutions autour du mot “rigueur”? ", s’interroge le maire UMP de Bordeaux, dans un billet publié vendredi sur son blog. "N’est-il pas évident aujourd’hui, pour tout responsable de bonne foi, qu’une gestion rigoureuse de nos finances publiques s’impose à tout gouvernement digne de ce nom ?", renchérit-il.

"De toutes manière, quand on parle d'un gel des dépenses et d'un resserrage des boulons, les gens comprennent très bien de quoi il s'agit", abonde Michel Raison, député UMP de Haute-Saône, dans Les Echos.

La rigueur et les impôts

Et Jean-François Copé enfonce le clou, lundi sur Europe 1. "Moi, le mot que j'utilise c'est le mot de "rigueur", après tout on n'est pas là pour se battre sur les mots", assure le patron des députés UMP.

"Les querelles de mots c'est pas très important, je crois que ce qui compte c'est qu'on soit bien au clair sur ce qu'on veut faire", précise encore le député de Seine-et-Marne, avant d’ajouter : "Quand on veut mener une politique de "rigueur" budgétaire on commence par baisser les dépenses qui ne sont pas rigoureuses, qui ne sont pas indispensables, et quand quand on a regardé partout où on pouvait diminuer les dépenses publiques inutiles, s'il y a besoin d'un petit ajustement fiscal à la marge, à ce moment-là on le regarde". En bref, à assumer "la rigueur", la droite pourrait justifier à terme une hausse des impôts.

Une "rigueur juste" pour Villepin

"Le recours à l'augmentation des impôts me paraît être le pendant de la diminution de la dépense publique", renchérit d'ailleurs Dominique de Villepin. Pour lui aussi, "la rigueur est aujourd'hui nécessaire" à condition qu'elle soit "juste", déclare-t-il, n'évinçant pas le mot.

Vendredi, François Fillon avait assuré qu'on était "loin d'un plan de rigueur", qui "n'existe pas et qui n'existera pas", au lendemain de l'annonce du gel des dépenses de l'Etat pendant les trois années à venir.