Ces noms de régions qui font encore débat

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Ces noms de régions qui font encore débat
@ PHILIPPE HUGUEN / AFP
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Le sujet est parfois source de tensions, au point de s'inviter dans la campagne des élections régionales.

A deux mois des élections régionales, c'est un débat qui s'est invité dans certaines campagnes électorales. Plusieurs nouvelles régions créées l'an dernier par la réforme territoriale se cherchent toujours un nom. Rebaptiser leur région sera en effet l'une des premières missions des élus qui sortiront des urnes en décembre. Ils auront jusqu'au 1er juillet 2016 pour arrêter leur choix. La décision définitive remontera toutefois à Paris puisque les noms officiels seront fixés par un décret avant le 1er octobre 2016.

En attendant, dans les régions en quête d'une dénomination, on se creuse les méninges. Certes, le problème ne se pose pas partout. Ainsi, la réunion de la Haute et la Basse-Normandie s'appellera logiquement Normandie. En Bourgogne-Franche-Comté, certains ont bien proposé de changer de nom, mais faute d'accord, la région semble se résigner à accoler les deux dénominations. En Auvergne-Rhône-Alpes aussi, c'est bien parti pour un statu quo, même si le diminutif "Aura" pourrait s'imposer à terme.

En Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées, en revanche, c'est un vrai sujet. C'est sans doute dans cette région que les débats sont les plus vifs. D'un côté, il n'est pas question de conserver un tel nom à rallonge. De l'autre, chacune des deux régions fusionnées revendique une forte identité. Plusieurs quotidiens régionaux ont organisé un grand sondage en ligne pendant trois semaines en septembre. Le nom "Occitanie" est arrivé en tête, suivi par "Occitanie-Pays Catalan" et "Languedoc".

Chez les voisins d'Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes, on s'est d'abord amusé de l'acronyme "APOIL" proposé par des petits malins, avant de se pencher plus sérieusement sur le dilemme du futur nom. L'histoire et la géographie vont dans le sens de la simplicité : "Aquitaine" ne ferait-il pas l'affaire ? Politiquement, c'est bien plus compliqué que ça : les "petites" régions Limousin et Poitou-Charentes craignent d'être purement et simplement avalées par la "grande" Aquitaine. Les présidents des trois territoires ont donc lancé une consultation sur Internet. "Grande Aquitaine" ? "Aquitania" ? "Sud-Ouest Atlantique" ? Aucun nom ne se dégage vraiment pour l'instant.

En Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine, on aimerait éviter un acronyme du type "Alca", mais là aussi, le débat tourne au casse-tête. D'autant que les trois futures ex-régions ont en réalité très peu en commun, que ce soit sur le plan historique ou économique. Le nom générique "Grand Est" pourrait mettre tout le monde d'accord, à défaut de susciter l'enthousiasme. Certains insistent plutôt pour introduire une connotation européenne. "Cœur d'Europe" ou "Centre Europe" font ainsi partie des propositions.

En Nord-Pas-de-Calais-Picardie aussi, le sujet est délicat. Les têtes de listes aux régionales se gardent bien de donner un avis tranché sur la question, même si le candidat Les Républicains, Xavier Bertrand, a lancé un "grand référendum" en ligne. "Nord-de-France" ou tout simplement "Nord" sont en lice, ce qui inquiète les Picards. D'autres propositions sont plus imaginatives : "Artois-Flandres-Picardie", "Terres du Nord" ou "Hauts-de-France". En réalité, le statu quo pourrait l'emporter puisque selon les consultations organisées jusqu'à maintenant, c'est le long mais consensuel "Nord-Pas-de-Calais-Picardie" qui semble tenir la corde.


Et si l'Ile-de-France changeait de nom ?

Une région n'était pas concernée par le redécoupage territorial, mais a tout de même décidé de se rebaptiser. Depuis l'entrée en vigueur en janvier 2015 de la loi qui a redessiné les régions, le Centre s'appelle Centre-Val de Loire, un nom destiné à renforcer son attractivité. En Ile-de-France aussi, le débat pourrait surgir alors que la campagne fait rage. Claude Bartolone, tête de liste socialiste, a ainsi confié fin septembre à des étudiants qu'il aimerait changer la dénomination de la région pour y introduire le prestigieux nom de "Paris", rapporte Le Figaro. Histoire de séduire touristes et investisseurs étrangers.



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