Ces ministres qui prônent la dépénalisation

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Ces ministres qui prônent la dépénalisation
Vincent Peillon est le dernier ministre en date du gouvernement Ayrault à avoir évoqué la dépénalisation du cannabis.@ MAXPPP
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Avant Peillon, d’autres membres du gouvernement s’étaient prononcés au moins pour un débat.

Il  est désormais peu probable qu’à l’avenir, un ministre du gouvernement Ayrault ose évoquer publiquement la dépénalisation du cannabis, comme Vincent Peillon l’a fait dimanche. Le recadrage musclé du Premier ministre, lundi, est en effet de nature à refroidir les ardeurs. Mais dans un passé plus ou moins proche, plusieurs ministres de l’actuel gouvernement avaient soutenu cette mesure controversée.

Vincent Peillon

C’est le dernier en date, et probablement le dernier tout court avant un bout de temps. "Cette interrogation mérite d'être menée, et je suis très étonné parfois du côté un peu retardataire de la France sur un sujet qui pour moi est d'ampleur", a affirmé le ministre de l’Education dimanche soir.

La France est "retardataire" :



Lundi matin, Matignon a fait savoir que le sujet n’était pas à l’ordre du jour. "Lorsqu'ils sont à la radio et la télévision, (les ministres) doivent défendre à la fois la politique de leur ministère et la politique du gouvernement, et rien d'autre", a ajouté le Premier ministre. "Nous ne sommes pas des commentateurs". Le message est sans doute passé.

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Cécile Duflot

Sur ce sujet, la ministre du Logement avait eu l'honneur de créer le premier couac du gouvernement, dès le début du moins de juin, moins d’un mois après sa pris de fonction. "L'objectif est double : il est de faire baisser le trafic, de supprimer le trafic et la violence notamment, et d'avoir une politique de santé publique", argumentait-elle sur BFMTV. "Il faut considérer que le cannabis, c'est comme l'alcool et le tabac, même régime : une politique de santé publique et de prévention, notamment vis à vis des plus jeunes".

"Comme l’alcool et le tabac" :

L’ex-secrétaire général d’Europe Ecologie-Les Verts avait aussi rappelé que cette position était celle de son mouvement depuis "très longtemps". Pascal Canfin, l’autre ministre écologiste du gouvernement, chargé du Développement ne s'est jamais publiquement exprimé sur le sujet.

Christiane Taubira

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Depuis 2002, pas de trace de déclarations de Christiane Taubira sur ce sujet. Mais à l'époque l'actuelle ministre de la Justice penchait pour cette solution. "Je ne peux pas plaider pour la libéralisation. En revanche, je suis d'accord pour la dépénalisation de l'usage, à condition qu'elle s'accompagne de mesures sociales et sanitaires", disait-elle dans Libération. On peut imaginer qu'elle n'a pas changé d'avis. D’autant que la garde des Sceaux est membre du Parti radical de gauche, dont le président s’était signalé durant la primaire socialiste en plaidant pour la légalisation du cannabis. 



Michel Sapin

En juin 2011, Daniel Vaillant avait surpris son monde en prônant la dépénalisation, voire la légalisation du cannabis. Quelques heures plus tard, Michel Sapin avait été interrogé sur le sujet. "J’ai une certitude, la situation française est impossible. On a la législation la plus dure et on a la consommation la plus forte. La dépénalisation telle qu’elle est proposée par M. Vaillant, pour ce qui me concerne, c’est la bonne direction", avait affirmé le pas encore ministre de l’Emploi.

"C’est la bonne direction" (à partir de 5’30’’) :

Najat Vallaud-Belkacem

belkacem carré
En octobre 2009, Najat Vallaud-Belkacem était loin du porte-parolat du gouvernement, qu’elle occupe aujourd’hui. Et sa parole s’en trouvait plus libérée. Sur le cannabis, elle prônait alors un changement de règlementation. "Un jeune sur deux fume du cannabis, on peut dire que ça ne va pas. Réglementer sa production, sa vente et sa consommation permettrait sans doute de contrôler un peu mieux la situation", arguait-elle alors à Rue 89.



Marylise Lebranchu

De tous les ministres du gouvernement Ayrault, c’est sans doute celle qui est allée le plus loin sur le sujet. "Je suis plutôt favorable à une légalisation comme pour le tabac à une condition : on met d'abord en marche une politique de santé publique", disait en octobre 2011, dans Rue89, l’actuelle ministre de la Réforme de l’Etat.