Ces ambitieux à gauche qui veulent la mort politique de François Hollande

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Ces ambitieux à gauche qui veulent la mort politique de François Hollande
@ LOUISA GOULIAMAKI / AFP
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Pour Antonin André, chef du service politique d'Europe 1, les candidatures à gauche pour la présidentielle ont toutes une même motivation : se venger du chef de l'Etat.

L'ÉDITO POLITIQUE

Manuel Valls a fustigé une gauche puérile, dimanche, lors de son passage dans Le Grand Rendez-vous d'Europe 1-iTélé-Les Echos. Sans les nommer, le chef du gouvernement a visé Arnaud Montebourg, Cécile Duflot, Benoît Hamon, les frondeurs, c’est-à-dire toutes les ambitions présidentielles à gauche.

Une haine aveuglante. Ils en rêvent, oui, mais ils n’y croient pas, car au fond, la présidentielle ce n’est pas leur sujet, ce n’est pas leur but. Pas plus que de recomposer la gauche que l’on dit divisée, malmenée par le virage social-libéral du quinquennat. Non, tout cela n’est pas le moteur de ces ambitions. Leur seul carburant, leur programme commun à tous ces égotiques, c’est de limoger François Hollande, de l’empêcher à tous prix d’être candidat, bref, de le tuer politiquement. Leur moteur, en un mot, c’est la haine. Une haine qui peut s’installer insidieusement, mais sûrement, au sein d’une même famille politique.

Montebourg, un cas d'école. Dans une famille politique, il y a des secrets et des petites trahisons qui, au fil du temps, vous consume de l’intérieur. Arnaud Montebourg est l’exemple le plus emblématique. En février 2001, le jeune député veut traduire Jacques Chirac devant la Haute cour de justice de la République dans l’affaire des HLM de la ville de Paris. Pour cela, il demande l’appui du premier secrétaire du PS, mais François Hollande le prend de haut : "je ne mène pas des combats que je ne peux pas gagner". Montebourg échouera. C’est le fait générateur de cette haine du chantre du made in France pour le président, haine qui depuis grandit et se nourrit à chaque nouvel épisode.

Des humiliations mal digérées.Jean-Luc Mélenchon, lui, a en travers de la gorge le congrès de Brest de 1997, lorsque François Hollande lui promet un score de perdant honorable, avant de l’humilier avec un petit 8,8% des voix. Cécile Duflot, quant à elle, n’a pas digéré notamment que le chef de l’Etat laisse entendre qu’elle était sous l’influence de son compagnon, très militant au moment de la polémique sur l’accueil des Roms. Tous ont un compte à régler avec François Hollande, et la question de savoir si la gauche risque d’être éliminée dès le premier tour de la présidentielle est devenue le cadet de leur souci.