Centrafrique : un débat pour quoi faire ?

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Centrafrique : un débat pour quoi faire ?
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DÉBAT - Jean-Marc Ayrault reçoit mardi matin les responsables parlementaires avant un débat sans vote à l'Assemblée et au Sénat.

Réunion à Matignon. Jean-Marc Ayrault, accompagné des ministres de la Défense, Jean-Yves Le Drian, et des Relations avec le Parlement, Alain Vidalies, réunit mardi matin à Matignon les responsables parlementaires pour les informer du déroulement de l'opération Sangaris en Centrafrique. Cette réunion, suivie d'un débat sans vote au Parlement intervient alors que deux soldats français ont été tués lundi à Bangui.

Un débat sans vote. Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault et le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian prendront la parole au même moment, mardi après-midi, le premier devant l''Assemblée, le second devant le Sénat, pour informer les parlementaires du déroulement de l'intervention française en Centrafrique, en vertu de l'article 35 de la Constitution. Chaque groupe parlementaire s'exprimera ensuite.

Pour rappel, en cas d'intervention militaire de la France et excepté les cas où "les institutions de la République", "l'indépendance de la Nation" ou encore "l'intégrité" du territoire français sont menacés, le Parlement n'a aucun pouvoir décisionnaire. La Constitution prévoit seulement une consultation au Parlement mais pas de vote. "Le gouvernement informe le Parlement de sa décision de faire intervenir les forces armées à l'étranger, au plus tard trois jours après le début de l'intervention. Il précise les objectifs poursuivis. Cette information peut donner lieu à un débat qui n'est suivi d'aucun vote".

Et si Sangaris se prolonge ? Le vote du Parlement devient obligatoire "lorsque la durée de l'intervention excède quatre mois". Le 22 avril 2013, l'Assemblée et le Sénat avaient ainsi voté à l'unanimité la prolongation de l'opération Serval au Mali, engagée le 11 janvier.

jean francois copé

L'UMP veut "une feuille de route". Si l'ancien secrétaire d'Etat aux Affaires européennes Bruno Le Maire s'est dit "préoccupé" par une multiplication des engagements militaires de la France, notamment en Afrique, le président de l'UMP, Jean-François Copé, juge, lui, que "l'inaction et la passivité" ne sont "pas une option" en Centrafrique. Le député-maire de Meaux attend toutefois de François Hollande qu'il fixe une "feuille de route" claire de cette nouvelle intervention française en Afrique.

Les alliés restent prudents. Europe Ecologie-les Verts a demandé vendredi un vote au parlement sur l'action militaire, soulignant que l'intervention devait être "européenne et non uniquement française". Le coprésident du Parti de gauche Jean-Luc Mélenchon appelle, lui, à "la plus grande vigilance" sur les conditions d'engagement des forces françaises en Centrafrique, sans pour autant s'opposer à l'intervention approuvée par l'ONU. "Je dis: attention, la France n'a pas vocation à être la gendarmerie internationale de l'Afrique", a toutefois prévenu l'ancien candidat à la présidentielle.