Ce que veut Nicolas Sarkozy pour l'Europe

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Ce que veut Nicolas Sarkozy pour l'Europe
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SA TRIBUNE - Dans Le Point daté de jeudi, l'ancien chef de l'Etat réclame notamment de nouveaux accords de Schengen.

L'INFO. Il a longtemps hésité, mais il se lance. Nicolas Sarkozy a rédigé une tribune sur les élections européennes publié dans Le Pointdaté de jeudi. L'ex-chef de l'Etat ne s'était plus exprimé publiquement depuis sa précédente tribune, le 20 mars, à la veille du premier tour des municipales, dans Le Figaro, dans laquelle il répondait aux soupçons pesant contre lui de "trafic d'influence", à la suite de sa mise sur écoute téléphonique par la justice. La thématique cette fois : l'Europe, rien que l'Europe.

Sa position : au-dessus de la mêlée. Dans cette tribune, intitulée "l’Europe ou le déclin", Nicolas Sarkozy, soucieux de se placer au dessus de la mêlée, cherche à apparaître non comme un "eurobéat" mais plutôt comme un Européen lucide et pragmatique. "D'aussi loin que je me souvienne, je me suis toujours senti viscéralement français", dit-il. Mais il en appelle aux électeurs tentés par l'abstention et tance au passage les eurosceptiques : "l’indifférence est suicidaire car en Europe se joue une partie substantielle de notre avenir. Quant à l’hostilité, elle est profondément injuste", résume Nicolas Sarkozy.

Sa proposition : de nouveaux accords de Schengen. "Nous n’avons pas voulu l’Europe pour que soit organisé un dumping social migratoire au détriment quasi systématique de la France", prévient Nicolas Sarkozy qui réclame donc de nouveaux accords de Schengen. "Il faut suspendre immédiatement Schengen I et le remplacer par un Schengen II auquel les pays membres ne pourraient adhérer qu'après avoir préalablement adopté une même politique d'immigration", précise-t-il. Il met en garde au passage les dirigeants allemands et français : le "leadership n’est pas un droit, c’est un devoir". Et à l'intention de François Hollande : "L'Allemagne n'est pas un choix, n'est pas une alternative, elle est un fait."

Dans son viseur : la Commission européenne. Bruxelles prend trop de directives, voilà pour la charge que lance Nicolas Sarkozy. "La Commission ne devrait plus avoir de compétences législatives puisqu'il y a un Parlement européen, c'est à lui et à lui seul de légiférer (...) La situation d’aujourd’hui est à la limite du ridicule et nous condamne à l’impuissance", assène-t-il. Son conseil : il faudrait réduire de moitié les compétences communautaires.

Sa motivation : rappeler qu'il est là. Depuis plusieurs semaines, confrontés à la montée du Front national dans les sondages, plusieurs ténors UMP ont demandé à haute voix à l’ancien président de prendre la parole. "Je souhaite qu’il s’exprime. Il l’a fait avant les élections municipales, on ne peut pas dire que cela nous a nui", a ainsi lancé Renaud Muselier, tête de liste UMP dans le Sud-Est. "J'aimerais entendre (la) voix (de Nicolas Sarkozy) avant les élections européennes, à la lumière du débat qui est en train de s'installer dans notre famille politique, qui va montrer un arc-en-ciel très large. Je pense qu'il sera précieux d'entendre sa voix", a également affirmé François Baroin au Grand Jury RTL/Le Figaro/LCI. 

Jusqu’à présent, Nicolas Sarkozy hésitait à entrer dans le campagne, notamment en raison du risque de voir le FN devancer l’UMP dimanche prochain. Mais l’affaiblissement de Jean-François Copé, empêtré dans l’affaire Bygmalion, laisse, à son goût, un peu trop de place aux ambitieux que sont Alain Juppé et François Fillon. Et comme, en plus, les couteaux s’aiguisent déjà à l’UMP en prévision d’une offensive anti-Copé, l’heure était venue de se rappeler au bon souvenir de sa famille politique.

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