14/12/2017 - 17h08

Ce que l'état-major Wauquiez dit des Républicains

© Eric FEFERBERG / AFP

Le nouveau président de LR a présenté mercredi une partie de sa nouvelle équipe. Composée de personnalités peu connues, elle tente la synthèse, même si l’aile droite reste largement représentée.

Voici donc ce qu’il conviendra peut-être d’appeler bientôt "les wauquiezistes". Le nouveau président des Républicains a présenté mercredi une partie de la nouvelle équipe dirigeante du parti de droite. Visiblement, le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, tenant d’une droite dure, a eu le souci de représenter dans son état-major toutes les tendances de sa famille politique.

Avec un credo : "La droite se tourne vers l'avenir. Elle le fait avec une équipe jeune, 43 ans de moyenne d'âge, de nouveaux visages et des élus qui en sont pour un grand nombre à leur premier mandat", a-t-il déclaré lors d’une courte déclaration à la presse.  Et en effet, peu de ces nouveaux visages sont identifiés du grand public. Cela a un double avantage : permettre à Laurent Wauquiez de plaider le renouvellement, tout en lui garantissant d’être la seule véritable tête d’affiche de cet état-major.

Mais le principal, pour Laurent Wauquiez, c’était de démontrer qu’il était capable, lui le chantre de la vraie droite, parfois taxée de trop grande proximité avec l’extrême droite, d’ouverture. Le nom de ses trois vice-présidents répond clairement à cette exigence.

Calmels, juppéiste libéral. D’abord Virginie Calmels. Fidèle juppéiste depuis son entrée en politique en 2014, elle fut la plus belle prise de guerre du candidat Wauquiez. Son ralliement est récompensé par un poste de première vice-présidente et vice-présidente déléguée des Républicains. Libérale sur les sujets économiques comme sur les sujets sociétaux, elle sera la principale caution modérée du nouveau président du mouvement. Celle qui est volontiers taxée d’opportunisme, puisqu’elle a successivement soutenu Alain Juppé, François Fillon puis Laurent Wauquiez, franchit surtout une marche supplémentaire dans une carrière politique menée tambour battant.

Peltier, le souverainiste. Son association avec Guillaume Peltier risque toutefois de faire des étincelles. Difficile d’imaginer binôme plus mal accordé. L’un se réclame populaire, quand l’autre est surdiplômée et fut une ancienne dirigeante d’Endemol. L’une est centriste, quand l’autre a tour à tour milité au Front national puis au côté de Philippe de Villiers dans le Mouvement pour la France, dont il fut même le secrétaire général. L’un est ouvertement eurosceptique, quand l’autre vante les mérites de l’Union européenne et de l’espace Schengen. C’est d’ailleurs pour les élections européennes, organisées en mai 2019, que la solidité du duo sera une première fois éprouvée. Et que Laurent Wauquiez aura un premier arbitrage d’importance à effectuer.

Abad, l’inconnu. Le troisième et dernier vice-président est Damien Abad. Méconnu du grand public, le député de l’Ain, a débuté sa carrière au centre, dont il s’est rapidement affranchi. Ce proche de Nicolas Sarkozy a soutenu Bruno Le Maire lors de la primaire de la droite, puis François Fillon, dont il fut le porte-parole jusqu’au bout, dans la tempête. En tant que troisième vice-président, il sera chargé des élections, mais la mission de Damien Abad, qu’il a acceptée, consistera à renouer le lien avec les centristes. Pas facile.

Le reste de l’équipe annoncée répond aussi au devoir d’unité, mais penche plus à droite. Le plus connu est sans conteste Geoffroy Didier, ancien fervent sarkozyste qui a pris son autonomie. Le directeur de campagne de Laurent Wauquiez devient secrétaire général chargé des relations avec la presse. Il sera sans doute l’une des personnalités les plus présentes médiatiquement du nouvel organigramme. Autre secrétaire générale : la filloniste Annie Genevard, vice-présidente de l’Assemblée.

La catholique Boyer… Ils seront flanqués de six secrétaires généraux adjoints : Julien Aubert, en charge de la formation. Le sénateur de l'Ardèche Mathieu Darnaud (élus locaux), le député de Moselle Fabien Di Filippo (adhésions), la députée de Haute-Savoie Virginie Duby-Muller (fédérations) et la sénatrice des Yvelines Sophie Primas (relations avec les parlementaires) devront se faire un nom. Plus célèbre est la députée des Bouches-du-Rhône Valérie Boyer (relations avec la société civile), fervente filloniste autant que catholique.

…Et la laïcarde Lydia Guirous. Elle devra cohabiter avec la laïcarde convaincue Lydia Guirous, qui redevient porte-parole du mouvement, après un bref passage - peu convaincant -à ce poste sous Nicolas Sarkozy, entre juin 2015 et janvier 2016. Le maire de Châlons-sur-Saône Gilles Platret, proche de Laurent Wauquiez, et Laurence Saillet, anciennement proche de Xavier Bertrand, seront les deux autres porte-voix des Républicains. Un porte-parolat qui illustre la volonté du nouveau président d’offrir des places à tous les courants. Mais qui devra préparer ses points presse avec soin pour parler d’une même voix.