Ce que l’Europe change vraiment dans votre vie

  • A
  • A
Ce que l’Europe change vraiment dans votre vie
@ REUTERS/Vasily Fedosenko
Partagez sur :

POUR LE MEILLEUR ET POUR LE PIRE - L’Union européenne est un géant souvent lointain. Et dans les faits ? Tranches de vie.

Les élections européennes devraient être boudées par plus de 60% des Français, selon les derniers sondages. Trop lointaine, trop opaque, trop technocratique, l’Union européenne jouit d’une mauvaise image auprès du public. Pourtant, sans que vous vous en rendiez compte, ses actions vous touchent, pour le meilleur et pour le pire. Europe1.fr a imaginé le portrait de dix Français impactés dans leur quotidien par Bruxelles. Vous vous y reconnaîtrez sans doute.  

>> A lire aussi : L'UE se mêle-t-elle de tout ?

Julien, 19 ans, bachelier

Son histoire. Julien n’est pas particulièrement doué pour les langues étrangères et ne souhaite pas faire des études supérieures pour le moment. Ce lycéen est pourtant attiré par une expérience à l’international.

Sa rencontre avec l’UE. Il peut profiter du service volontaire européen (SVE), qui fait partie du programme Erasmus +, mis en place en janvier 2014 par la Commission européenne. Julien peut partir en mission entre 2 et 12 mois dans n’importe quel pays de l'Union européenne. Il doit s’inscrire auprès d’un organisme agréé et pourra travailler dans les secteurs de la culture, du sport, de la protection civile, de l'environnement, etc. Et pas besoin de rouler sur l’or pour faire son SVE : la Commission européenne couvre les frais de séjour (hébergement, repas, formation linguistique) et prend en charge une partie des frais de transport (10% au maximum restant à la charge du volontaire). Julien percevra également une petite indemnité mensuelle allant de 55 euros à 145 euros, selon le pays dans lequel se déroule sa mission.

Bandeau Drapeau Union européenne

© REUTERS/Jon Nazca


Sabrina, 17 ans, lycéenne

Son histoire. L’été arrive, l’occasion pour les lycéens de profiter de leurs deux mois de vacances pour travailler un peu avant de dépenser le pécule gagné au soleil avec des amis. Telle était l’idée de Sabrina, qui voulait aller cueillir des fruits dans la Drôme.

Sa rencontre avec l’UE. Mais cette année, elle ne pourra pas monter à l’échelle pour ramasser les pommes : une directive prise en octobre, transposant une directive européenne, précise qu’"Il est interdit, en milieu professionnel, d’affecter les jeunes à des travaux temporaires en hauteur lorsque la prévention du risque de chute de hauteur n’est pas assurée par des mesures de protection collective". Sabrina devra donc se tourner vers une autre activité professionnelle pour payer ses vacances.

>> A lire aussi : Que fait un eurodéputé de ses journées ?  

Marie, 54 ans, maire d’une commune rurale

Son histoire. Fraîchement élue, Marie a fait la promesse de développer les transports publics pour désenclaver son village.

Sa rencontre avec l’UE. Afin de tenir parole, sans endetter sa ville, elle peut demander le soutien du Fonds européen de développement régional. Celui-ci distribue des subventions pour aider à la mise en place de transports durables, de projets innovants pour la desserte de territoires isolés ou au développement de la mobilité et des transports alternatifs à la route. La nouvelle maire pourrait ainsi favoriser des bus électriques pour le transport des collégiens et lycéens ou permettre le déplacement des personnes âgées à mobilité réduite. Marie doit contacter la cellule Europe de sa préfecture de région et monter un dossier. Si son projet est retenu, la subvention pourra couvrir jusqu’à la moitié du coût total.

Hémicycle parlement européen

© REUTERS/Christian Hartmann

 

Marius, 48 ans, pêcheur

Son histoire. La pêche est un métier difficile. Partir loin de sa famille, affronter les éléments tout en dépendant de la générosité de la mer pour remplir ses filets. Mais Marius a toujours navigué et se régaler à trouver les thons rouges faisait sa fierté et sa richesse lorsqu’il rentrait au port.

Sa rencontre avec l’UE. Mais l’Union européenne l’empêche dorénavant de gagner correctement sa vie en lui imposant des quotas. Pourtant il y a des thons dans la mer, il le sait. Mais les quotas favorisent principalement les gros bateaux industriels, qui en attrapent énormément. Et cela ne devrait pas s’arranger pour Marius qui ne verra pas ses quotas augmenter cette année et devra donc se rattraper en pêchant d’autres poissons.

>> A lire aussi : L’actu pour les nuls : les élections européennes

Karima, 27 ans, entrepreneuse

Son histoire. Karima est tout juste diplômée et a des idées pour lancer son entreprise. Toutefois, elle manque d’expérience. Fort heureusement, elle peut se tourner vers les associations qui favorisent les mesures actives en faveur de l’égalité professionnelle.

Sa rencontre avec l’UE. Ces dernières sont financées en partie par le Fonds social européen (FSE), qui ne donne pas d’aide de manière individuelle aux ressortissants européens. Elle pourra par exemple bénéficier de stages en entreprise, de tutorat et de conseils de la part d’entrepreneures afin de développer au mieux son projet. Si celui-ci a pour but  l’intégration des publics en difficulté (notamment les jeunes), le développement de la formation professionnelle ou l’intégration des migrants et la lutte contre les discriminations, elle pourrait également faire une demande de soutien financier au FSE.

Bandeau Manifestation en Espagne

© REUTERS/Sergio Perez


Michel, 54 ans, ouvrier en bâtiment

Son histoire. Le travail ne manque pas dans le bâtiment, mais loin de voir son salaire tiré vers le haut, Michel subit de plein fouet la concurrence des travailleurs détachés.

Sa rencontre avec l’UE. L’idée de base est de faciliter l’arrivée de main d’œuvre dans les secteurs qui en avaient besoin, en appliquant certaines règles du pays d'accueil (salaires, conditions de travail) tout en versant les cotisations sociales dans le pays d'origine. Mais sur les chantiers où travaille Michel, nombreux sont les ouvriers qui ne sont pas payés au Smic, faute de contrôles. De quoi exaspérer Michel qui s’indigne de voir ces travailleurs tirer les prix vers le bas et menacer son emploi, tout en dénonçant leurs conditions de travail. L’Europe devait élever le niveau de vie global de ses citoyens, pas le niveler par le bas, croit-il se souvenir. 

>> A lire aussi : Européennes : pourquoi ne vote-t-on pas tous le même jour ?

Pierre, 56 ans, chômeur

Son histoire. Pierre était au chômage depuis six mois quand il a décidé d’aller tenter sa chance dans un autre pays européen. Et il a eu raison : comme 59% des Européens qui se déplacent, il a trouvé un emploi en moins d’un an (contre 35% pour ceux qui restent dans leur pays).

Sa rencontre avec l’UE. Fort de son expérience dans l’industrie, il a trouvé un emploi en Allemagne comme contremaître dans une entreprise qui fournit des pièces au secteur automobile. Et Pierre peut librement choisir de résider en France ou en Allemagne : ses cotisations sociales seront prises en compte dans le calcul de sa retraite, peu importe de quel côté du Rhin il choisit de s’installer. 

bandeau eurodepute

© REUTERS

 

Jeanne 50 ans, spécialiste de l’import

Son histoire. Jeanne a construit une entreprise d’importation de produits. Elle a beaucoup voyagé et voudrait profiter de ses trouvailles au Pérou pour envahir le marché français avec un super fruit : le Camu camu. Riche en vitamine, en anti-oxydant, ce produit ferait un carton. Il a déjà conquis les Etats-Unis et le Japon.

Sa rencontre avec l’UE. Mais la réglementation européenne empêche Jeanne de faire venir le fruit frais en France. Tout juste peut-elle l’importer sous forme de pulpe pour en faire des compléments alimentaires. Vous avez-dit libre échange ?

>> A lire aussi : Européennes : les partis rivalisent d'originalité

Luc, 48 ans, éleveur de vaches à viande

Son histoire. L’amour du terroir et des animaux ont poussé Luc à limiter la taille de son exploitation de vaches de race Aubrac avec comme mot d’ordre : préférer la qualité à la quantité.

Sa rencontre avec l’UE. Et il peut compter sur les aides de la Politique agricole commune pour pérenniser sa propriété. En effet, un rééquilibrage a été mis en place récemment. Il supprime la "surprime aux cinquante premiers hectares", afin de verser davantage d'aides aux petites exploitations. De plus, Luc reçoit une prime à la vache allaitante d’environ 200 euros par tête, fixée par le ministère français de l’Agriculture, mais financée en partie par Bruxelles. Grâce à ce soutien, il assure la pérennité de sa production, une chance pour les consommateurs qui ont ainsi accès à une viande de meilleure qualité.