Ce que Hollande prépare pour le dernier 14-Juillet de son mandat

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Ce que Hollande prépare pour le dernier 14-Juillet de son mandat
@ ALAIN JOCARD / POOL / AFP
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Le président devrait revenir sur l'Euro et le Brexit, tourner la page de la loi Travail. Et ne pourra pas échapper aux questions sur Emmanuel Macron.

C'est la séquence présidentielle par excellence. François Hollande accordera jeudi la traditionnelle interview du 14 juillet. Pendant 45 minutes, le chef de l'État répondra aux questions de Gilles Bouleau et David Pujadas. Filmé dans la salle des portraits de l'Élysée, l'entretien sera diffusé simultanément sur TF1 et France 2.

Ce 14-Juillet-là sera un peu particulier pour le président. C'est le dernier de son quinquennat. Le moment, donc, de lancer une nouvelle séquence politique tournée vers 2017 et une potentielle candidature à sa propre réélection. "Il a intérêt à montrer quelle est sa plus-value pour l'avenir", résume l'un des piliers de la majorité au JDD.

"Ça va mieux" avec l'Euro. Sans surprise, François Hollande devrait donc ressortir le "ça va mieux" dégainé pour la première fois mi-avril, lors de sa dernière grande apparition télévisée, sur le plateau de "Dialogues citoyens". Le chef de l'État peut s'appuyer sur des résultats économiques : la croissance s'amplifie, le déficit est maîtrisé et, s'il se refuse à baisser durablement, du moins le chômage augmente-t-il moins qu'auparavant.

Surtout, François Hollande aura la possibilité de vanter le bon bilan de l'Euro, tant en termes économiques que sécuritaires. Côté tourisme, certaines municipalités ont déjà observé les retombées de l'événement, à l'instar de la Ville de Paris. Et côté sécurité, à l'exception des débordements avec les hooligans pendant les phases de poule, tout s'est très bien passé. À tel point que la droite anticipe déjà l'autosatisfaction présidentielle du 14 juillet. "Nul doute que le président dressera le portrait d'une France 'qui va mieux'. Le succès de l'Euro et la belle prestation de nos Bleus lui donneront le souffle qui lui manque", a noté mardi François Fillon. Et le candidat à la primaire de la droite de prévenir : "Mais l'illusion se dissipera aussi vite qu'un feu d'artifice."

Nul doute que le président dressera le portrait d'une France 'qui va mieux'.

Tourner la page de la loi Travail. Tout entier tourné vers son chapitre pré-présidentielle, François Hollande aura également à cœur de tourner la douloureuse page de la loi Travail, qui suscite une opposition syndicale et populaire depuis quatre mois. Après être passé deux fois à la force du 49-3, en mai et en juillet, le texte revient pour une adoption définitive le 20 juillet à l'Assemblée. Le chef de l'État devrait, une nouvelle fois, réaffirmer son attachement au texte, qui sera la dernière grande réforme du quinquennat. Mais il espère surtout clore le sujet, qui le cloue au plus bas dans les sondages et le rend toutes les autres actions gouvernementales inaudibles.

Brexit. En matière d'actualité internationale, François Hollande devrait se concentrer sur le Brexit et ses conséquences. Juste après le référendum britannique, le président avait en effet esquissé ce qui pourrait être un axe de campagne présidentielle, en opposant "les populistes et les extrémistes qui appellent leur pays à sortir de l'Union européenne" et les europhiles, dont il fait partie. Le 14-Juillet serait pour lui l'occasion d'enfoncer le clou et d'exacerber ce clivage.

Le cas Macron. Enfin, difficile pour le président d'éviter les questions sur Emmanuel Macron. Son remuant ministre de l'Économie a organisé un meeting politique autour de son mouvement, En Marche!, seulement deux jours avant le 14 juillet. Une provocation, selon de nombreux membres du gouvernement. Mais malgré cela, Emmanuel Macron rechigne à démissionner, espérant plutôt que François Hollande le pousse vers la sortie pour qu'il puisse se concentrer tout entier à sa campagne. Celui-ci va-t-il décider de le faire le 14 juillet ? C'est peu probable, le chef de l'État considérant qu'il est toujours moins dangereux au sein du gouvernement qu'en dehors. Pour le président, tout l'enjeu sera donc de justifier le maintien du ministre tout en affirmant son autorité. La partie ne s'annonce pas simple.

On ignore, en revanche, si le chef de l'État sera interrogé sur le salaire de son coiffeur.