Carla, visée par une pétition, menace de porter plainte

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Carla, visée par une pétition, menace de porter plainte
@ MaxPPP
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WEB - Une pétition dénonce le coût du site de l’épouse de Sarkozy. Carla Bruni-Sarkozy menace de porter plainte.

En pleine promotion de son nouvel album, Carla Bruni-Sarkozy se serait bien passée d’une si mauvaise publicité. Mi-juillet, la Cour des comptes détaillait dans un rapport les économies réalisées par l’Élysée depuis l'élection de François Hollande. Une ligne a retenu l’attention du site Politique.net : celle du coût (exorbitant) du site internet de la fondation de Carla Bruni-Sarkozy, financé par les deniers publics. Contactée par Europe1.fr, la Fondation Carla Bruni-Sarkozy dément. Depuis, une pétition cartonne sur Internet pour demander à l’ancienne Première Dame de rembourser et de verser l’argent à des œuvres caritatives. Dimanche, Carla Bruni-Sarkozy a menacé de porter plainte pour défendre son "honneur".

Un site aux frais du contribuable. La polémique tient en une phrase, prononcée au cœur de l’été par Didier Migaud : "il n'y a plus de site internet spécifique dédié à la conjointe du président, financé par le budget de la présidence (pour un coût de 330.000 euros en 2011 et de 80.000 euros en 2012)", écrivait le président de la Cour des comptes dans son rapport. Coût total de l’opération, pour deux ans d’activité : 410.000 euros. Cher. D’autant que selon le témoignage, publié sur Rue 89, d’Olivier Laurelli, un spécialiste de la sécurité des communications, le site en question recèle de nombreux problèmes techniques. Sa conclusion : c’est "une cybercatastrophe". Vendredi matin, Europe1.fr a eu envie de jeter un coup d’œil à ce site qui fait polémique. Sans succès, le site étant inaccessible…

La pétition de la colère. L’affaire aurait pu en rester là, à quelques lignes perdues dans un long rapport. C’était sans compter sur le coup de colère de Nicolas Bousquet. "Outré" par cette information, ce développeur de site internet lance alors une pétition sur le site change.org. Dans un billet au vitriol, il estime que "la prise en charge de ces dépenses est indécent". Et d’ajouter, acide : "ce site aurait pu être fait par n'importe qui, pour moins de 10.000 euros." Des arguments qui font mouche. Vendredi, à 10h30, plus de 45.000 personnes ont en effet signé la pétition, intitulée : "Carla Bruni, faites don des 410.000 euros d'argent public dépensés pour votre site personnel".

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La Fondation Bruni-Sarkozy dément. Même en vacances, l’ex-Première Dame se tient au courant. Après avoir échangé quelques SMS avec son entourage à la Fondation, elle a donné son feu vert à la publication d’un démenti. "Nous tenons donc à faire ici la rectification suivante : tous les contenus visibles sur ce site on été intégralement financés par la Fondation. Ils n'ont été en aucune façon financés par l'État ou quelque autre entité extérieure à la Fondation", peut-on lire. Contactée par Europe1.fr, la Fondation précise que, outre "les contenus visibles sur le site", le coût du travail en amont (design, développement etc.) a été "entièrement pris en charge" et "jamais l’État n’a donné un euro pour ce site !"

Quant aux deux autres sites qui se partageaient la même URL, (Lutte contre le sida et le site de la Première dame), la Fondation explique ne rien savoir. "Mais je ne sais pas comment ils sont arrivés à ce chiffre de 400.000 euros, car cela me semble énorme pour la construction d’un site !", nous répond-t-on, rappelant au passage que "la fondation Carla Bruni-Sarkozy est la seule fondation qui ne touche pas de subvention. Tout simplement car, dès le départ, Carla Bruni-Sarkozy a refusé de toucher des deniers publics ".

Carla Bruni-Sarkozy menace de porter plainte. Dimanche, l'ex-Première dame a menacé de porter plainte, se réservant "le droit de poursuivre tout propos qui porterait atteinte à son honneur dès lors qu'il serait imputé à la fondation qui porte son nom d'avoir bénéficié de financements qui n'ont jamais existé". Me Richard Malka, son avocat, assure que le site "a cessé d'exister en mai 2012" et que la fondation ne peut être suspectée d'avoir bénéficié du "moindre centime" provenant de la présidence de la République.

Et ses collaborateurs alors ? Ce n’est pas la première fois que l’ancienne Première dame est pointée du doigt. Deux mois plus tôt, en mai 2013, ce sont les services de Matignon qui jetaient l’opprobre sur Carla Bruni-Sarkozy, en publiant un rapport sur le coût mensuel pour l'État des collaborateurs de l’actuelle Première dame, Valérie Trierweiler. Il en ressortait que "le total des rémunérations mensuelles nettes des cinq personnes [affectées au service de la compagne du chef de l’État] est de 19.742 euros". Les services du Premier ministre avaient complété cette réponse d'une comparaison avec le dispositif dont bénéficiait Carla Bruni-Sarkozy, sans la citer directement : "huit collaborateurs étaient affectés au service de la Première dame en janvier 2012 pour une rémunération mensuelle nette globale de 36.448 euros", soit presque le double. Pour le moment, Carla Bruni-Sarkozy n’a pas répondu aux pétitionnaires.