Capitales de région : quelles villes contestent encore ?

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Capitales de région : quelles villes contestent encore ?
Le Conseil municipal d'Amiens a adopté mi-juin une motion réclamant que la ville devienne la capitale de la future région Nord-Pas-de-Calais/Picardie, alors que Lille est ultra-favorite.@ PHILIPPE HUGUEN / AFP
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L'exécutif doit présenter vendredi en Conseil des ministres ses premières décisions sur les nouvelles capitales régionales.

Une liste "provisoire" des capitales des 13 nouvelles régions issues de la réforme territoriale doit être dévoilée vendredi en Conseil des ministres. La désignation définitive n'interviendra que dans un an, une fois passées les élections régionales. Mais cette première mouture attise déjà les tensions.

Les cas où le choix s'imposait. La taille et l'attractivité économique ont été les critères de choix principaux. Difficile, dans ce cadre, pour Limoges (207.000 habitants) ou Poitiers (138.000 habitants) de s'imposer face à Bordeaux, cinq fois plus grande. Même chose pour Metz et Châlons-en-Champagne face à Strasbourg, ou Clermont-Ferrand face à Lyon.

Amiens veut d'autres critères. Difficile également pour Amiens et ses 179.000 habitants de rivaliser avec Lille, dont l'agglomération dépasse le million d'habitants. Pourtant, la capitale de feue la Picardie est persuadée que le gouvernement fait le mauvais choix : le conseil municipal a adopté mi-juin une motion réclamant que le gouvernement prenne en compte la situation géographique de la ville dans son choix. Car dans la future région Nord-Pas-de-Calais-Picardie, Amiens est bien plus centrale que Lille.

Les cas où le gouvernement a hésité. Il y a trois cas où la balance était plus tangente en termes  de poids démographique et de rayonnement économique. Mais dans les deux premiers,  l'arbitrage effectué par l'Etat semble à peu près accepté : Dijon plutôt que Besançon pour le chef lieu de la future région Bourgogne-Franche-Comté. Et Rouen plutôt que Caen pour le chef lieu de la future grande Normandie.

Montpellier demande un partage des pouvoirs. Mais dans le troisième cas, la décision de l'Etat passe mal pour la ville perdante : Montpellier est vent-debout contre le choix de Toulouse comme chef-lieu de la future région Midi-Pyrénées-Languedoc-Roussillon. Montpellier met en avant  son dynamisme démographique, son rayonnement culturel ainsi qu'universitaire. Et demande un partage des pouvoirs. Mais l'exécutif a choisi Toulouse, plus grande (447.000 habitants contre 270.000) et plus riche (un PIB/habitant de 50.000 euros contre 40.000, selon les derniers chiffres disponibles).