Cantonales : les départements-clés

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Cantonales : les départements-clés
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Des départements sont susceptibles de basculer, à gauche comme à droite. Inventaire.

Sarthe : le fief de Filon en danger
(19 cantons renouvelables sur 40)

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La gauche n’a pas coché le département de la Sarthe comme l’un de ses principaux objectifs par hasard. Le territoire est symbolique, puisqu’il est le fief François Fillon. Le Premier ministre a d’ailleurs présidé le conseil général entre 1992 et 1998, avant de céder la place à Roland du Luart, le président actuel. "Vous n'êtes pas dans n'importe quel département", avait lancé François Hollande lors d’un meeting le 28 février à Yvré.

Pour l’emporter, la gauche devra faire basculer trois cantons de son côté. Sur les 19 renouvelables, 11 sont tenus par des candidats de droite. L’objectif est donc réalisable, dans un contexte national clairement défavorable à la droite, impopularité de Nicolas Sarkozy oblige (22% de popularité selon un sondage TNS Sofres parue le 5 mars dans Le Figaro Magazine). François Hollande, lors de son déplacement, n’a pas manqué de faire remarquer que les candidats de la majorité n’étaient pas franchement prompts à se réclamer de l’UMP. "Pourquoi, dans cette période, ne mettent-ils pas le nom de leur champion, en l'occurrence Nicolas Sarkozy, le nom de l'UMP qui est leur parti ?", avait-il ironisé.

Conscient du danger et de la portée symbolique du scrutin en Sarthe, François Fillon en personne s’est déplacé à plusieurs reprises dans le département pour soutenir les candidats de droite en général et leur chef de file Jean-Marie Geveaux en particulier. Mais en cas de vague rose, espérée par le parti socialiste, la seule personnalité du Premier ministre pourrait ne pas suffire.

Val d’Oise : la droite en reconquête
(19 cantons renouvelables sur 39)

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Malgré ses ambitions plutôt modestes lors de ces élections cantonales, l’UMP a fait de la reconquête du Val d’Oise l’un de ses objectifs principaux du scrutin. Le département a basculé à gauche en 2008 après 40 de gouvernance de la droite. Mais le département ne tient qu’à une voix pour le PS, celle du centriste Robert Daviot. Du coup, l’UMP, menée par Axel Poniatowski, y croit dur comme fer. Et fonde sa stratégie sur l’occupation du terrain. "Nous avons 19 candidats, nous faisons 19 campagnes de terrain sur des enjeux spécifiquement locaux", indique le député du Val d’Oise dans La Croix. La droite peut raisonnablement espérer faire basculer les cantons d’Ecouen, Franconville et Sannois.

Mais la gauche affiche son optimisme. "La droite a désigné ce département comme cible et enjeu national. Mais sur le papier, je ne devrais pas perdre de cantons ; je devrais même raisonnablement en gagner trois, la Vallée-du-Sausseron, Marines et Montmorency", assure Didier Arnal, le président socialiste sortant, dans le même quotidien.

La victoire s’annonce d’autant plus disputée que le Val d’Oise a une portée symbolique. Le département englobe en effet la ville de Sarcelles, le fief d’un certain Dominique Strauss-Kahn, président du Fonds monétaire international, personnalité politique préférée des Français, et surtout potentiel candidat socialiste à l’élection présidentielle de 2012. Le PS ne ménage pas sa peine pour conserver le département. Ségolène Royal, François Hollande ou encore Martine Aubry ont fait ou feront le déplacement pour soutenir les candidats socialistes.

Pyrénées-Atlantiques : la gauche revancharde
(26 cantons renouvelables sur 52)

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En 2008, la gauche pensait bien avoir fait basculer le département de son côté, pour la première fois depuis 1992. A l’issue du renouvellement partiel, le PS et ses alliés comptaient 28 élus sur 52 sièges. Mais la défection de deux élus socialistes en faveur du groupe Forces 64, constitué autour du Modem, avait finalement fait pencher la balance de l’autre côté. Et l’UMP Jean Castaings, 73 ans, avait été élu président au bénéfice de l’âge.

Le sentiment de revanche est donc bien réel à gauche. "Techniquement, nous avions gagné, mais nous avons perdu politiquement. Cette fois, je crois que nous pouvons l'emporter politiquement aussi. C'est dans les têtes", assure Georges Labazé, président du groupe de gauche au département, dans Sud-Ouest. L’effort devrait être porté particulièrement sur les catons des "deux transfuges", Josy Poueyto (Pau-Centre) et Monique Larran-Lange (Bayonne-Ouest).

En face, la droite se veut optimiste. "Les socialistes durcissent le ton", constatait Max Brisson, leader de la droite, toujours dans le quotidien régional. "Ce qu'ils nous annonçaient comme relevant d'une simple formalité n'en est apparemment pas une."

Seine-et-Marne : retour à droite ?
(23 cantons renouvelables sur 43)

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Que le conseil général soit tenu par la gauche en Seine-et-Marne est presque une incongruité. La totalité des neuf députés du département sont à droite, et 56 % de ses habitants avaient choisi Nicolas Sarkozy en 2007. Mais en 2004, la gauche unie était parvenue à faire basculer le territoire, d’une courte tête cependant, puisqu’elle ne possède que trois sièges d’avance.

Il suffit donc à la droite de remporter deux des 14 cantons que la gauche remet en jeu pour reconquérir le conseil général. "Les choses se présentent pour nous beaucoup mieux qu’en 2004", veut croire Jean-Jacques Hyest, qui mène la campagne à droite, dans La Croix. "L’élévation du seuil à 12,5 % des voix pour se maintenir au second tour limite les risques de triangulaires et la gauche part moins unie qu’en 2004."

L’opposition locale peut en outre compter sur quelques ténors nationaux, comme Jean-François Copé, maire de Meaux et patron de l’UMP, Christian Jacob, patron des députés UMP, ou encore Yves Jégo, ancien ministre de l’Outre-mer.

La gauche, elle, compte sur le contexte national défavorable à la droite, et sur son bilan : "En 2007, les thèmes de Sarkozy sur l’accès à la propriété ou la sécurité ont séduit. Mais aujourd’hui, il y a beaucoup de déçus et les familles sont sensibles à tout ce que nous avons développé comme services pour la petite enfance ou les transports", assure Vincent Elbé, la tête de liste du PS.

Hauts-de-Seine : la droite en lambeaux
(24 cantons renouvelables sur 45)

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Le fief de Nicolas Sarkozy est en danger. Face à une droite minée par les divisions et les ambitions personnelles, la gauche espère progresser sensiblement et, pourquoi pas, créer la surprise. "Ils ne se préoccupent que des postes à se partager. Les habitants ne veulent plus de ce système de clans. Cela les choque. Pour eux, Sarkozy, Balkany, Devedjian, ça suffit", veut croire Pascal Buchet, président de la fédération PS, dans La Croix. L’homme, s’appuyant sur le résultat des régionales 2010 dans le département (51,6% à la gauche), se veut même "très optimiste".

Cette issue paraît tout de même hautement improbable, dans un département qui n’a pas échappé à la droite depuis 1967. Mais en cas de victoire logique de la majorité nationale, les élections en seront pas tout à fait terminées. Les débats sur l’élection du président du conseil général, prévue le 31 mars, devraient valoir le détour. Lâché par l’UMP local, mais aussi par le plus haut sommet de l’Etat, le sortant Patrick Devedjian n’entend pas pour autant abandonner son siège sans combattre. Même si plusieurs de ses vice-présidents, comme Alain-Bernard Boulanger et Thierry Solère, ont déjà fait part de leur ambition.

Mais le danger pourrait surtout venir des Balkany, très proches de Nicolas Sarkozy et de son fils Jean. Isabelle a d’ailleurs fait part de son grand intérêt pour le poste. Ces dernières semaines, les deux camps se sont échangé des amabilités par voie de presse. "Je considère que Devedjian n'est pas le meilleur président du conseil général", avait ainsi lâché Patrick Balkany, maire de Levallois, à la fin du mois de janvier sur France Info. "Levallois est l’une des villes les plus endettés de France", s’était vengé Patrick Devedjian dans Le Figaro. "Il dit des conneries", avait rétorqué son contradicteur sur lejdd.fr. Ambiance.

>> DOSSIER SPECIAL - Les cantonales 2011