Campagne de Sarkozy : Villepin "effrayé"

  • A
  • A
Campagne de Sarkozy : Villepin "effrayé"
Dominique de Villepin n'appelle à voter pour aucun des deux finalistes, mais il ménage François Hollande par rapport à Nicolas Sarkozy.@ MAXPPP
Partagez sur :

Tançant la campagne de Nicolas Sarkozy, il dénonce un "débauchage des voix extrémistes".

Dominique de Villepin n’a jamais ménagé Nicolas Sarkozy. Concurrents au sein de la droite, une rivalité qui a atteint son paroxysme dans l’affaire Clearstream, les deux hommes, doux euphémisme, ne s’apprécient guère. Et l’ancien Premier ministre a vu dans la campagne droitière du président sortant l’occasion d’une nouvelle charge au vitriol contre son meilleur ennemi. L'ancien Premier ministre se déclare ainsi "effrayé" par la campagne du président-candidat Nicolas Sarkozy et ses "gages à l'extrémisme", dans une tribune publiée vendredi dans Lemonde.fr.

"La dérive électoraliste qui s'est engagée est un processus incontrôlable et sans fin. Une concession en entraînera toujours une autre. Un gage à l'extrémisme toujours un plus grand encore. Une digue rompue en fera céder une autre. Halte au feu !", lance Dominique de Villepin dans ce texte, intitulé "La droite m’effraie, la gauche m’inquiète".

"Le poison mortel" qui menace la droite

"Je ne supporte pas l'hystérie générale qui s'est emparée de l'élection dans laquelle le peuple français est pris en otage par six millions d'électeurs en colère. Aujourd'hui, tout se passe comme s'il n'y avait en France que des électeurs du Front national. Comme s'il n'y avait pas d'autres questions que le halal, l'immigration légale, les horaires de piscines municipales", déplore l’ex-Premier ministre.

Sans jamais citer Nicolas Sarkozy, l’ex-ministre des Affaires étrangères met en garde la droite contre "le poison mortel" qui la "menace" : "celui du reniement de ses valeurs, celui du sacrifice de ce qui fait notre identité". "Ne nous abîmons pas", clame celui qui fut un temps candidat à la présidentielle, avant de renoncer faute d'avoir réuni les 500 signatures.

"Mon rôle n'est pas de dire pour qui voter"

Beaucoup plus ménagé, François Hollande ne trouve toutefois pas non plus grâce à ses yeux. Dominique de Villepin considère que son projet, comme celui de son adversaire, n'apporte pas "les réponses nécessaires à une crise d'une gravité exceptionnelle". "Aujourd'hui, c'est vrai, la droite m'effraie, mais la gauche m'inquiète. Le 6 mai, quoi qu'il arrive, sera la victoire d'un homme, mais pas la victoire de la France. Tout sera à faire", considère Dominique de Villepin.

L’ex-Premier ministre n’appelle donc à un vote ni pour l’un ni pour l’autre des finalistes. "Mon rôle n'est pas de dire pour qui voter, car chacun doit prendre ses responsabilités. Les citoyens ne sont ni des moutons ni des enfants turbulents", conclut Dominique de Villepin.