Campagne de Sarkozy en 2012 : pourquoi quatre nouvelles mises en examen ?

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Campagne de Sarkozy en 2012 : pourquoi quatre nouvelles mises en examen ?
Nicolas Sarkozy et son directeur de campagne, Guillaume Lambert, en 2012, avant l'inauguration du QG de campagne de l'UMP.@ LIONEL BONAVENTURE / AFP
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Quatre acteurs de la campagne de Nicolas Sarkozy ont été à nouveau mis en examen la semaine dernière, pour de nouvelles dépenses suspectes, qui n'ont rien à voir avec l'affaire Bygmalion.

Ce qui pose problème, aujourd'hui, ce sont les vraies factures. Il s'agit de dépenses électorales qui ont été réglées par l'UMP pour la campagne de Nicolas Sarkozy en 2012, mais qu'on a ensuite "oublié" d'intégrer aux comptes de campagne. D'après les premières estimations, pas loin de 10 millions d'euros auraient ainsi été "escamotés", notamment pour imprimer des tracts et des tee-shirts, louer des salles ou commander des sondages. A lui seul, l'aménagement du QG de campagne a coûté 200.000 euros à l'UMP.

7 millions d'euros de transport. Mais ce sont surtout les frais de transport qui ont fait grimper la facture. Des dizaines de trains spéciaux et de bus ont été affrétés pour acheminer des milliers de militants dans les meetings de Villepinte ou du Trocadéro. Au total, selon nos informations, il y en aurait pour près de 7 millions d'euros. Or, le transport des militants est considéré comme une dépense électorale, qui doit être imputée aux comptes de campagne, ce qui n'a pas été fait. Un oubli volontaire, d'après les juges, pour ne pas dépasser le plafond autorisé. 

"Une mise en examen extravagante", selon l'avocat de Guillaume Lambert. Mais les quatre mis en examen, parmi lesquels le trésorier Philippe Briand et le directeur de campagne Guillaume Lambert, assurent, eux, qu'ils n'y sont pour rien. Comme pour les fausses factures de Bygmalion, ils disent n'avoir rien vu, rien su, rien demandé à qui que ce soit. "Il s'agit encore une fois d'une mise en examen extravagante", défend Me Christophe Ingrain, le conseil de Guillaume Lambert. "On reproche maintenant à mon client de ne pas avoir intégré dans la comptabilité de la campagne des dépenses qui figurent dans la comptabilité de l'UMP, alors que la vérité, c'est que l'on parle de factures établies pour des prestations que mon client n'a pas demandé, qui ont été exécutées par des sous-traitants qu'il ne connaît pas, et qui ont été intégrées dans une comptabilité à laquelle il n'avait pas accès. Franchement, ce n'est pas sérieux", proteste l'avocat.

Lors de la confrontation organisée mardi, ces proches de Nicolas Sarkozy vont probablement dire que tout cela a donc été mis en place à l'UMP, dirigée à l'époque par Jean Francois Copé, qui effectue son grand retour sur la scène politique.