Cahuzac : "une atmosphère de suspicion généralisée"

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Cahuzac : "une atmosphère de suspicion généralisée"
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REVUE DE PRESSE - Les quotidiens nationaux reviennent sur les aveux de Jérôme Cahuzac.

Jérôme Cahuzac, qui a avoué mardi détenir un compte à l’étranger, fait évidemment la une de la presse nationale, mercredi matin. "INDIGNE" titre Libération en capitale, dans une présentation qui fait penser à un avis de recherches. "C'est une ignominie. Avec ses dissimulations, ses mensonges, Jérôme Cahuzac a fait bien plus que salir son honneur" écrit Eric Decouty dans Libération, pour qui "l'existence de son compte en Suisse est la première des fautes" de l'ancien ministre du Budget, qui a jeté "l'opprobre sur son action, discrédité la parole politique et soulevé des doutes quant à l'autorité du chef de l'Etat".



Le Figaro reprend une partie du verbatim publié par Jérôme Cahuzac sur son blog et où l’ancien homme fort du Bercy fait son mea-culpa. "Je demande pardon..." "A Monsieur le Président de la République, au Premier Ministre, à mes anciens collègues du gouvernement, je demande pardon du dommage que je leur ai causé. A mes collègues parlementaires, à mes électeurs, aux Françaises et aux Français j’exprime mes sincères et plus profonds regrets. Je pense aussi à mes collaborateurs, à mes amis et à ma famille que j’ai tant déçus", peut-on lire sur la première page du quotidien. Dans son édito, Paul-Henri du Limbert du Figaro pointe "l'atmosphère de suspicion généralisée que provoquera inévitablement l'affaire Cahuzac".

"Cahuzac chute de son paradis fiscal" peut-on lire en une de l’Humanité. "Le scandale politique est énorme" clame Patrick Apel-Muller dans L'Humanité, car "l'homme qui tenait entre ses mains le budget de la France, qui pilotait l'administration fiscale et traquait les fraudeurs était lui-même un malfaiteur, auteur depuis plus de vingt ans d'évasions de capitaux et de dissimulation de ressources".

"Affaire Cahuzac : le mensonge qui éclabousse Hollande", titre Le Parisien.

20 Minutes préfère rester factuel. "Il a menti", titre simplement le quotidien gratuit.

D’autres éditorialistes estiment que ces aveux pourraient avoir des répercussions jusque dans les plus hautes sphères de l'Etat. Ce "mensonge éhonté" selon Christophe Bonnefoy du Journal de la Haute-Marne, "s'il brise tout net le destin d'un homme, est également une épine supplémentaire dans le pied de François Hollande". Aujourd'hui, "les deux têtes de l'exécutif se trouvent bafouées", écrit Bruno Dive dans Sud Ouest. "Au plus bas dans les sondages, en proie à une crise économique qu'ils ne savent pas comment affronter, menacés d'une crise sociale, Hollande et Ayrault n'avaient vraiment pas besoin de cette crise morale et politique", commente l’éditorialiste.