Le référendum sur "l’unité de la gauche", ça marche comment ?

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Le référendum sur "l’unité de la gauche", ça marche comment ?
@ THOMAS SAMSON / AFP
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Jusqu'à dimanche, le peuple de gauche est invité à se prononcer sur la nécessité, ou non, de s’allier contre le FN en vue des régionales.

3' CHRONO

Objectif : "mettre un terme à la spirale de la division, au cercle vicieux de la fragmentation". En proposant un référendum sur "l’unité de la gauche" à quelques encablures des régionales, Jean-Christophe Cambadélis veut prendre le peuple de gauche à témoin et placer les dirigeants écologistes, notamment, devant leurs responsabilités. Car pour le moment, les formations de gauche partent en ordre dispersé dans la quasi-totalité des régions, renforçant ainsi les chances du Front national. Europe 1 vous dit tout sur ce référendum.

• Qui peut voter ?

Depuis vendredi 8h, et jusqu’à dimanche 20h, "toute personne se retrouvant dans les valeurs de la gauche, de l’écologie et de la République" est invité à se prononcer sur cette question : "Face à la droite et l’extrême droite, souhaitez-vous l’unité de la gauche et des écologistes aux élections régionales ?" Il sera néanmoins obligatoire de signer "une charte d’engagement" :

charte

• On vote où ?

Le Parti socialiste a prévu 5.000 urnes, réparties dans un minimum de 2.000 points de vote sur tout le territoire. Outre, logiquement, les locaux des fédérations locales du parti, les marchés seront également un lieu de rendez-vous pour aller glisser son petit bulletin dans l’urne. A Paris, d’autres lieux plus insolites sont proposés, comme des stations de métro, des jardins publics ou des gares RER. La liste des bureaux de vote, département par département, est disponible sur le site créé pour l’occasion, www.referendum-unite.com.

Et pour ceux qui ne pourraient pas se déplacer, possibilité est offerte de de voter électroniquement. Il suffit pour cela de disposer d’une adresse électronique valide. Notons que, pour surveiller le scrutin, le PS va mobiliser sa Haute autorité, qui placera un délégué dans chaque département.

• Combien de votants sont espérés ?

S’il veut que le résultat de "son" référendum pousse ses alliés à mettre de l’eau dans leur vin et à accepter de faire liste commune dès le premier tour, Jean-Christophe Cambadélis sait qu’il devra mobiliser en masse. Initialement, il avait indiqué qu'il serait "satisfait" si ce référendum parvenait à réunir 300.000 votants. Quelques jours plus tard, le patron du PS a modéré ses ambitions : "j'ai expliqué devant le bureau national (du PS) qu'il fallait au moins 200.000 signatures ce jour-là pour pouvoir indiquer que nous étions unis dans les régions", a-t-il estimé sur France Inter, le 12 octobre

• Qu’en disent les autres partis de gauche ?

Au niveau des appareils, cette initiative n’emballe pas grand-monde. Le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, a d’ores et déjà assuré qu’il n'y participera pas, y voyant une "petite opération politicienne". Emmanuelle Cosse, patronne des écologistes, s'est quant à elle étonnée de ce qu'"on veuille gommer l'étape du premier tour". Le co-président du Parti de gauche Jean-Luc Mélenchon a quant lui jugé que Jean-Christophe Cambadélis "essaie de trouver un nouveau garrot".

Cette consultation est également accueillie fraîchement aussi à l'aile gauche du PS: "on nous demande d'approuver les modalités d'un référendum, mais on n'a même pas voté son principe !", a pesté une des figures à gauche du parti, membre du Bureau national, ne voyant pas l'utilité" d'une consultation qui va "humilier nos partenaires". Jérôme Guedj a renchéri, estimant qu'"il ne peut y avoir d'unité de la gauche sans rassemblement sur le fond".

Et les Français ? Selon un sondage Odoxo pour Le Parisien et BFMTV, près de trois quarts des Français (72%) considèrent que le référendum ne permettra pas de "rassembler efficacement la gauche" dès le premier tour des régionales.