C'est la rentrée pour les ministres

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C'est la rentrée pour les ministres
Plusieurs dossiers chauds sont sur la table de l’exécutif, qui entend donc se préparer au mieux.@ MaxPPP
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AU MENU - Lundi, le gouvernement se remet au travail. Et les dossiers (brûlants) sont nombreux.

La rentrée, c’est maintenant ! Pendant que François Hollande se reposait à La Lanterne la semaine dernière, près de Versailles, Jean-Marc Ayrault gérait les affaires courantes. Cette semaine, les deux hommes retrouveront tous les ministres pour un séminaire de rentrée à l’Elysée. Plusieurs dossiers chauds sont sur la table de l’exécutif, qui entend donc se préparer au mieux.

>> LES RETRAITES

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C’est à n’en pas douter LE sujet de la rentrée. Celui qui donne mal à la tête à François Hollande autant qu’aux syndicats. Ces derniers seront d’ailleurs reçus par Jean-Marc Ayrault, les 26 et 27 août, qui leur dévoilera ses intentions, avant de présenter officiellement le projet du gouvernement début septembre. Quelques éléments ont toutefois déjà filtré sur cette réforme des retraites. Si un allongement de la durée de cotisation (qui doit déjà atteindre 41,5 ans) ne semble pas faire de doute, d'autres mesures plus urgentes devraient être annoncées pour combler le déficit des retraites, évalué à 20 milliards d'euros en 2020. François Hollande a encore affirmé le 14 juillet que les efforts seraient partagés par tous. Actifs, retraités et entreprises seront donc mis à contribution, tandis qu'un geste devrait être fait en faveur des métiers pénibles, pour une réforme qui se veut "juste" et pour s'assurer le soutien des autres syndicats.

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Le chef de l’Etat sait qu’il marche sur des œufs. Alors que la croissance est de retour et que son image s’améliore, il aimerait éviter de voir des millions de Français défiler dans les rues. Les syndicats les plus contestataires (CGT, FO, FSU et Solidaires) ont pourtant déjà appelé à une journée de mobilisation le 10 septembre. Et Jean-Luc Mélenchon a bien l’intention de souffler sur les braises de la contestation…

>> LE BUDGET 2014

Boursier.com - Bernard Cazeneuve, le successeur de Jérôme Cahuzac, croit à sa sincérité
Il sera présenté en septembre, mais là encore, le gouvernement a prévenu : il récupérera 6 milliards d’euros via des hausses d’impôts, et économisera 14 milliards dans ses lignes de dépenses l’année prochaine. Objectif : poursuivre la réduction du déficit public, qui doit officiellement descendre sous la barre des 3% du produit intérieur brut d'ici à 2015, tout en finançant les mesures prises en faveur de l'emploi (contrats aidés) et de la compétitivité des entreprises (crédit d'impôt compétitivité-emploi).

Quelques questions demeurent. Y aura-t-il un nouveau gel du barème de l'impôt sur le revenu, comme l'annonçait Le Parisien fin juillet ? A voir. Le taux de la CSG va-t-il être relevé pour financer la réforme des retraites ?  Vraisemblablement. Y aura-t-il des mesures de fiscalité écologique ? La majorité le promet, mais rien n'est moins sûr. Le dossier le plus sensible concernera une éventuelle hausse des taxes sur le diesel, carburant le plus consommé de France (plus de 80%), mais de plus en plus critiqué pour son impact sur la santé.

>> LA POLITIQUE PÉNALE

Valls et Taubira

© Reuters

Tout se passait pour le mieux : François Hollande avait (mieux) réussi son été que l’année dernière, les ministres étaient sur le qui-vive (au cas où), l’opposition était aux abonnés absents. Et puis patatras, Manuel Valls et Christiane Taubira se sont écharpés par voie de presse sur la future réforme pénale. Le texte ambitionne d’en finir avec le "tout-carcéral" en multipliant les alternatives à la détention. Mais le ministre de l’Intérieur n’est pas tout à fait sur la même ligne que sa collègue de la Justice…

Annoncé initialement pour avant l'été, le texte doit être présenté en septembre en Conseil des ministres. Mais le Parlement aura beaucoup de mal à légiférer cet automne, et certains craignent déjà que la future loi pénale ne voit pas le jour avant les municipales de 2014.