Bygmalion, un caillou dans la chaussure de Sarkozy ? Pas forcément...

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Pour Antonin André, chef du service politique d'Europe 1, le renvoi de Nicolas Sarkozy devant le tribunal pourrait aider le candidat à la primaire à remobiliser autour de lui.

L'ÉDITO POLITIQUE

La demande de renvoi en procès de Nicolas Sarkozy par le parquet de Paris, dans l’affaire Bygmalion, ne sonne pas nécessairement comme une mauvaise nouvelle pour l’ancien président, lancé dans la course à la primaire de la droite et du centre.

L'image du sauveur persécuté. C’est même, du point de vue politique, une bonne nouvelle. Que disent les partisans de Nicolas Sarkozy, ceux qui font campagne pour lui ? L’ex-chef de l’Etat a été battu en 2012, il est revenu pacifier et rassembler sa famille ; aujourd’hui il est prêt à tout donner pour la France, comme il l’écrit, par devoir ! Et ce pour protéger le pays de la menace terroriste qui met en jeu, aujourd’hui, notre identité. Et qui se dresse sur sa route ? Les magistrats, encore eux, cette justice qui s’acharne sur lui sans l’avoir jusqu’ici fait condamner. À chaque fois il en ressort blanchi, soulignent ses amis.

Un levier de mobilisation. Il existe jusqu’à 10 dossiers judiciaires dans lesquels le nom de Nicolas Sarkozy apparaît, et certains sont toujours en cours ; Karachi, l’affaire Tapie, les sondages de l’Elysée, Bettencourt, etc. L’image d’un Nicolas Sarkozy victime de l’acharnement des juges est devenue un puissant levier de mobilisation pour ses partisans.

Une attaque risquée. Pourtant, François Fillon n’a pas hésité à sonner la charge, et ce avant même la décision du parquet, lançant devant ses soutiens : "qui aurait imaginé le général de Gaulle mis en examen ?" C’est un angle d’attaque risqué, très risqué même. Alain Juppé a été condamné par le passé, Jean-François Copé est témoin assisté dans l’affaire Bygmalion, s’il n’est pas mis en examen, son nom reste associé à l’affaire. Cibler Nicolas Sarkozy sur le terrain judiciaire, c’est donc prendre le risque d’éclabousser tout le monde. Jusqu’à François Fillon, qui après avoir servi Nicolas Sarkozy pendant cinq ans fait montre d’une violence peu commune.

"Tous pourris". Se renvoyer au visage des dossiers judiciaires, à droite dans un climat de campagne ou à gauche avec le procès Cahuzac, çela abime tout le personnel politique. C’est le fameux ‘Tous pourris’. Et le ‘Tous pourris’, ne donne pas envie de se déplacer pour aller voter à la primaire, il n’encourage pas une forte participation. Encore une bonne nouvelle pour Nicolas Sarkozy : une faible participation couplée à une très forte mobilisation de ses fans, c’est la meilleure configuration pour lui.